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Au fil du temps

 
Source : http://gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, réutilisation non commerciale libre et gratuite.

Petites et grandes histoires du Bouscat



 

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L'école avant la révolution. Voici une petite description extraite de : « Contribution à l'histoire de l'instruction primaire dans la Gironde avant la Révolution » de 1890.

... Avant la Révolution, le territoire de cette commune dépendait, au temporel, du Chapitre et, au spirituel, de la paroisse de Saint-Seurin. (Voir Chapitre de Saint-Seurin)
En 1784. Autorisation au sieur Riotord de « tenir escole au lieu du Bouscat, afin d'instruire les enfans au mieux de son pouvoir et à condition de faire deux classes séparées, l'une pour les garçons et l'autre pour les filles, et à condition aussi qu'il mettra une enseigne et se conformera aux règlemens de police et que la présente permission n'aura lieu que tout autant qu'il plaira au Chapitre ».
Arch. Gir., Reg. Cap. de Saint-Seurin.



Le journal « La Semaine » du 17 janvier 1830, nous apprend que le maire du Bouscat, M. Gautier, s'est asphyxié involontairement en plaçant, pendant le grand froid, un réchaud de charbon dans la chambre où il couchait.



En 1845, les Altesses Royales monseigneur le duc et Mme la duchesse de Nemours se sont rendues sur l'hippodrome du Bouscat, où des courses brillantes avaient été organisées.



En 1849, « La France chevaline », informe des avantages et inconvénients de l’hippodrome du Bouscat.

On lui reproche d'être assis sur un mauvais terrain. Lourd et profond par la pluie, il devient dur et raboteux par la sécheresse ; il offre des rampes un peu roides et des tournants qui laissent à désirer.
Mais, à 4km de Bordeaux, ses abords sont faciles ; sa position est meilleure et plus à la portée des petits centres de population, qui peuvent former la sienne aux jours de fête.
La route de Bordeaux à l'hippodrome présente, de distance en distance, de charmantes maisonnettes dont la construction est postérieure à l'établissement des courses sur la commune du Bouscat.
Coquettement élevées au centre de beaux bouquets d'arbres, elles regardent et provoquent la foule qui se rend aux courses ou qui en revient. Ce sont, ou des cabarets avec leurs séductions ordinaires et de circonstance, ou des habitations d'entraîneurs avec leurs boxes spacieuses et commodes.



Le « Nouveau dictionnaire de géographie universelle » de 1857 dénombre 1 700 habitants au Bouscat.



Toujours en 1857, le « Guide-poche de l'étranger à Bordeaux et dans la Gironde » on cite, au Bouscat, les magnaneries de vers à soie (Voir Sériciculture Lafon-Féline) et les marais de sangsues de Blanquefort ; l'Hippodrome où ont lieu tous les ans, en avril, les courses de chevaux du département.

On parle aussi de chocolat :
L'établissement de la Chocolaterie bordelaise de MM.F. Ordinski et O, rue Puits-de-Bagne-Cap, 5, dont la belle usine à vapeur est établie au Bouscat, n'a pas eu besoin de recourir à ces moyens souvent trompeurs, pour s'acquérir la confiance du public. Les chocolats de cette maison, qui deviendra une des plus importantes de nos contrées, sont d'une qualité supérieure.



Difficile de ne pas citer le journal « L'Industrie » du 4 mars 1858, au sujet de l'établissement hydrothérapique du Bouscat.

C'est dans ces conditions favorables qu'à été fondé au mois d'octobre dernier l'établissement hydrothérapique du Bouscat. Une des propriétés les plus belles des environs de Bordeaux a été transformé dans ce but en un vaste établissement médical où les malades trouveront réuni tout ce qui peut charmer à la campagne. Des arbres magnifiques l'encadrent de toutes parts ; une vaste charmille de plus de deux cents mètres de long et d'une hauteur prodigieuse, offre aux promeneurs, durant l'été, une ombre que les rayons du soleil les plus épais ne peuvent pénétrer.

Des appartements meublés avec un goût parfait sont mis à la disposition des pensionnaires, et quant aux malades que des occupations ou des raisons de famille retiennent à Bordeaux, ils ont la faculté de se faire prendre à domicile aux heures des séances hydrothérapiques.

Nous avons visité avec une attention toute particulière la salle d'hydrothérapie et nous avons été merveilleusement surpris des formes si variées sous lesquelles l'eau peut être appliquée. Les appareils de douches en pluie, en poussière, en jet, ne laissent rien à désirer sous le rapport de la perfection. Le bain de siège à eau courante avec injection vaginale et périnéale est admirablement bien conçu et l'esprit croit saisir à la vue seule l'effet que peut produire une semblable application. Un appareil spécial auquel on donne le nom de Bain de Cercle, est disposé de façon à ce que le malade reçoit à la fois une douche ascendante, une douche descendante et des douches circulaires ; on dirait un bain de pluie général.

Je ne crois pas, en un mot, que sous tous les rapports d'air, d'eau, d'agréments, de confortable, l'établissement du Bouscat ait rien a envier aux autres établissements renommés de la France et de l'Allemagne.

Le moment est venu ou les malades de Bordeaux et des départements limitrophes vont s'y donner rendez-vous comme aux Thermes des Pyrénées ou aux bains de mer d'Arcachon, Biarritz et Royan.

Cependant, malgré les succès miraculeux et les avantages immenses qu'elle peut offrir, l'hydrothérapie est encore un sujet d'épouvante pour une infinité de malades qui redoutent jusqu'au ridicule les applications froides ; à ces personnes, nous dirons :
Des femmes délicates et mourantes, de grands seigneurs infirmes, des princes même se sont fait les clients de Priesnitz et ont adopté son système, ils ne l'ont pas trouvé trop dur au prix de la santé qu'il leur a rendue ; pourquoi vous montrer moins dociles ?
LÉONCE B.


Le 16 mai 1858, « Le Train de plaisir », écrit, au sujet de l’établissement hydrothérapique :
L'établissement hydrothérapique du Bouscat, fondé il y a quelques mois à peine, est aujourd'hui en veine du plus grand succès. Tout le monde adoptera bientôt cette médecine facile et si efficace ; il n'est, du reste, bruit partout que des cures merveilleuses qu'elle a opérées parmi nous.

Les médecins de la ville ont pris cet établissement sous leur protection, et la plupart y accompagnent eux-mêmes, journellement, leurs malades. Nous voyons avec plaisir notre ville entrer franchement dans le progrès médical, et secouer enfin ces vieilles routines de l'art, auxquelles l’homéopathie, du reste, a porté déjà de rudes coups, depuis qu'elle est adoptée par une grande partie de notre population.


Toujours de l’établissement hydrothérapique « La Lorgnette » affiche une publicité le 3 octobre 1858. La voici :
ETABLISSEMENT HYDROTHÉRAPIQUES DU BOUSCAT, PRÈS BORDEAUX,
Avec Maison de Santé et de Convalescence chemin de la Vache, barrière de Tivoly).
Traitement par l'hydrothérapie de toutes les maladies chroniques incurables le plus souvent par les ressources ordinaires de la médecine, telles que : Rhumatisme, Goutte, Névralgies, Gastrites, Dartres, Maladies syphilitiques, Fièvres, Déplacements et engorgements de la Matrice, etc
Ouverture de la saison la plus favorable..
Consultations gratuites tous les jours, de midi et demi à deux heures, allées de Tourny, 56, à l'entresol – Prospectus.- Renseignements, (ou écrire franco au Directeur, au Bouscat.)
On trouve dans l’Établissement : étuves pour les stations, piscines, douches en pluie, en poussière, en jets, bains de cercle, bains de siège à eau courante avec injections spéciales, etc.
On y reçoit des Pensionnaires et des Externes.
Tous les malades peuvent suivre le traitement sous la direction de leur médecin. Les douches prescrites aux dames sont données par des femmes à des heures différentes que celles des hommes. Un omnibus spécial part des Allées de Tourny, 56, le matin, à six et neuf heures un quart; le soir, à deux et cinq heures, et porte les malades à l’Établissement même.



Horaires des trains en 1858.

Horaires des trains en 1858.



Le journal « L'Industrie » du 16 janvier 1859, nous informe de l’installation d’une glacière, chemin de la Vache, au Bouscat (Voir Glacières.).



En 1863, le « Congrès scientifique de France » s’inquiète de la sériciculture :

La culture du ver-à-soie du mûrier fût accueillie avec empressement par plusieurs grands propriétaires de la Gironde elle fut encouragée par les premiers bénéfices qu'on parvint à réaliser.
La Société Linnéenne de Bordeaux concourut à propager cette nouvelle industrie, en distribuant un certain nombre de médailles aux cultivateurs de mûriers.

On compte parmi les principales magnaneries qui se sont élevées dans la Gironde celles de MM. : Lafont-Féline, au Bouscat, (Voir Sériciculture Lafon-Féline) …
Malheureusement, ces belles espérances furent bientôt déçues de terribles épidémies vinrent frapper les vers-à-soie du mûrier, et la plupart de ces établissements durent tomber, laissant à leurs propriétaires des déceptions et des pertes énormes.



Le « Guide de l'étranger à Bordeaux et dans le département de la Gironde » de 1865, donne quelques informations sur le Bouscat de l’époque :

Cette commune, est ornée d'une infinité de jolies maisons, séparées par des jardins. On y récolte des vins, du blé, des légumes et du foin. Ses vins entrent dans la catégorie des petits vins rouges de Graves. Les courses de chevaux ont lieu tous les ans, du 20 avril au 25 mai.

La population est de 3 200 habitants. La fête de la commune, qui y attire beaucoup de monde, a lieu le jour de l'Ascension.



En 1867, la population s’élève à 3 665 habitants, selon le « Grand dictionnaire universel du XIXe siècle », de M. Pierre Larousse.



Environs de Bordeaux : vue prise dans les Landes du Bouscat - Auteur : Bernède, Pierre-Emile (1820-1900). Source : bibliotheque.bordeaux


Un bourrage d’urne, au Bouscat, au cours d’un vote est constaté, selon le journal « Le Temps » du 5 décembre 1867.



En 1871, soit la population a diminuée, soit il y a une erreur. Le « Dictionnaire encyclopédique d'histoire, de biographie, de mythologie et de géographie » annonce 2 907 habitants.

On note la présence d’une fabrication d'allumettes chimiques, une autre de vernis.



Un individu assassiné est découvert par des laitiers, sur le chemin de la Vache, selon le journal « Le Temps », du 30 octobre 1872, le maire a constaté les faits.



En 1873, les condamnés libérés en surveillance, ne sont plus autorisés sur la commune du Bouscat (entre autres), selon le « Journal des commissaires de police ».



En 1876, le Bouscat est le théâtre d’un crime passionnel. Une femme habitant une ferme isolée dans les marais, près des allées de Boutaut, tue son mari avec un maillet, puis le dépose deux jours plus tard, transporté par son âne, dans les marais.



Habitation (La Sylphide), Le Bouscat - Auteur : Pallard, Pierre (1786-18..).
Source : bibliotheque.bordeaux


1877. Le Bouscat compte 4 182 habitants, selon la « Géographie du département de la Gironde ».



En 1878, l'agriculture domine. Dans le « Le Nord-est agricole et horticole », on lit : … Dans un autre ordre, une très-bonne note a été donnée à M. Gérard Saint-Blancat ; dans son importante fabrication de Pruneaux établie au Bouscat (Gironde), il obtient des fruits desséchés de premier mérite.




Dans les Rapports et délibérations du Conseil général de la Gironde, d'août 1878, on décrit la mairie du Bouscat :

Mairie neuve, monumentale avec maison d'école, ayant déjà coûté 120 000 fr. et inachevée pour cause d'insuffisance de fonds. Particulièrement, la pièce destinée aux Archives n'est pas encore prête et celles-ci ne sont pas encore classées.
Dans une salle où se tient le Secrétaire qui expédie les affaires courantes, et où le Percepteur vient une fois par mois faire ses recettes, on voit des étagères nombreuses et des cartons qui contiennent assez en ordre les affaires présentes ; mais les dossiers des affaires des années précédentes sont dans des pièces voisines et sans aucun ordre.
Il y a donc lieu de réunir ensemble, dans la salle destinée à cet usage, toutes les Archives de cette commune et de les classer d'après les instructions données. Il y a un inventaire fait en 1843, et un supplément fait en 1852. Le Secrétaire devra donc, après avoir établi l'ordre matériel, fondre ensemble ces deux premiers inventaires et ajouter le catalogue des pièces survenues depuis 1852, de façon à avoir un inventaire complet et définitif.
Registres d'état civil depuis 1793.

Dans ce même rapport, on parle d'une pétition pour un chemin de Caudéran au Bouscat :
M. MÉTADIER a reçu une pétition signée d'un grand nombre d'habitants du Bouscat, demandant l'étude du projet d'une grande voie devant relier Caudéran, par le Bouscat, l'octroi de Tivoli et la rue Mandron, aux quartiers des Chartrons et de Bacalan. Il demande le renvoi de cette pétition à M. le Préfet.
(Le renvoi est prononcé.)

Toujours dans ce rapport, on apprend que le domaine de Lafon-Féline a été acheté pour l'affecter au service des varioleux. Ce projet refusé par le Préfet n'a pas abouti.



Les journaux « Le Temps », « Le Gaulois », « La Lanterne », de septembre 1881, relatent un incendie considérable au Bouscat, dans l'usine de bougies, savons et margarine de M. Mallet.

Trois corps de bâtiments sont en feu. On craint pour les autres et pour la maison d'habitation. L'incendie a duré jusqu'à deux heures du matin. La savonnerie et la glycérinerie sont entièrement détruites.

Grâce à la promptitude, et à la bonne direction des secours, les bâtiments ou se trouve la fabrique de bougie et de vastes magasins remplis de marchandises ont été préservés.



En 1885, le journal « La Lanterne » rapporte de nombreuses plaintes adressées contre la receveuse des postes du Bouscat. M. le préfet a reconnu que cette dame ne possède plus la confiance de l'administration. Malgré cette réponse, il la soutient probablement parce qu'elle lui rend des services.



Le journal « Le Gaulois » du 7 mai 1887, rapporte un fait sinistre : une jeune bonne de vingt-deux ans, a avoué avoir coupé son enfant en morceaux. Les débris du cadavre avaient été extraites d'une fosse de la rue Saint Sernin.



En janvier 1888, des journaux parlent d'un curieux cas de léthargie.

Une dame, âgée de cinquante-sept ans, demeurait avec sa fille et son gendre, chemin de Bruges, au Bouscat. Depuis très longtemps, la dame était malade. A la suite d'une crise, elle s'endormit, le matin du 2 janvier, d'un sommeil très lourd ; elle était sans mouvement, mais sa respiration demeurait absolument régulière. Le soir vint, la dormeuse ne s'éveilla pas. Les jours, les nuits se passèrent de la même façon.

Le médecin se borna à constater le cas en disant qu'il ne pouvait rien prescrire.
Les parents alors voulurent se conformer à la volonté souvent exprimée de Mme d’être transportée à Ludon, et, hier matin, la pauvre femme, enveloppée dans de chaudes couvertures, fut couchée sur des matelas et transportée ainsi jusqu'à Ludon, dans une maison amie.

Ce voyage a été relativement très long et, malgré le cahotement du véhicule et le froid qui lui fouettait le visage, la dame ne s'est point réveillée. Elle ne paraissait pas souffrir et son corps conservait la chaleur normale. Voilà dix jours que cela dure.



En octobre 1888, de nombreux articles de journaux informent du congrès national ouvrier de Bordeaux, mis en interdit par les autorités administratives de cette ville, et réorganisé dans la commune du Bouscat, en accord avec le maire, M. Auguste FERRET. Ce dernier déclarant : « Le territoire de ma commune est un territoire de liberté. »

Le préfet a pris toutes ses précautions pour éviter qu'on ne promène le drapeau rouge dans son département. Il vient de faire publier trois arrêtés le premier, interdisant l'exhibition de tout emblème séditieux le second enjoignant au maire du Bouscat de faire respecter cette décision dans sa commune le troisième, ordonnant au même maire de déléguer un fonctionnaire administratif à chacune des séances du congrès.

Les anarchistes ont émis un vote de flétrissure contre la police et le ministère.

Les congressistes qui, dimanche dernier, ont roué de coups, le commissaire central, ont été arrêtés. Le citoyen Jullien, condamné à 4 mois de prison, a été privé, pour cinq ans, de ses droits civiques. Un des témoins qui refusait de prêter serment a été expulsé.



Vu de Paris, l'hippodrome du Bouscat est moyen, selon « Les Sports à Paris » de 1889. On peut lire : « A Bordeaux, la moindre course de vélocipèdes sur la place des Quinconces réalise des recettes de 15 000 francs, tandis que l'unique hippodrome du Bouscat arrive à grand-peine, les jours fashionables, à 6 000 ou 7 000 francs, et encore ! »



Dans une enquête et rapport de la section d'économie sociale de la Gironde, extrait de Exposition universelle de 1889, on parle de « maisons ouvrières » :

Une entreprise de construction de « maisons ouvrières » est en voie d'exécution, sur l'ancienne propriété Lafon-Féline, au Bouscat.

La Société immobilière du Bouscat a été constituée le mois de juillet 1885, sur l'initiative de MM. Pastourean-Labesse et Delmas, dans le but d'utiliser, pour la construction de petites maisons ouvrières, les vastes terrains qu'ils possédaient à quelques kilomètres de Bordeaux, entre le chemin D'Eysines et la route du Médoc.

La Société fut constituée sous forme de « société civile » au capital de 500,000 francs, au moyen de l'émission d'obligations de 500 francs, qui furent réparties entre un petit groupe de fondateurs. Suivant les nécessités, ce capital primitif pouvait être augmenté par l'émission de nouvelles obligations.

Les terrains sur lesquels la Société basait ses opérations, avait une étendue de près de quarante hectares ; il était situé entre deux voies, dont l'une va être desservie par une ligne de tramways. Des routes ou avenues de 10 mètres de largeur furent d'abord ouvertes sur la propriété, afin d'en permettre le morcellement en lots de 200 jusqu'à 500 mètres carrés.

La Société a construit jusqu'ici 10 chalets et petites habitations ouvrières, et vendu quatre emplacements. Ces habitations ne sont pas construites à l'avance sur un plan uniforme, mais sur la demande des acquéreurs, qui déterminent eux-mêmes : la surface du terrain qui leur est nécessaire, le nombre de pièces et les dispositions intérieures. Toutefois, les règles concernant l'aération, la salubrité, etc., etc., sont communes à tous les plans et imposées par l'architecte.

Ce mode de procéder a été suggéré à la Société par les goûts et les habitudes de notre population ouvrière, qui répugne à la promiscuité, et qui aime à avoir son habitation indépendante. Les maisons sont espacées, de forme et de grandeur différentes, avec un terrain sur le derrière ou lotit autour de 200 à 400 mètres carrés.

Le prix se détermine :
1. Par la valeur du terrain, calculée généralement à 3 francs le mètre carré.
2. Par le coût de la construction, qui varié suivant le nombre de pièces, de 2 800 à 4 000 francs;
3. Par l'intérêt et l'amortissement à 6% depuis l'entrée en jouissance jusqu'au paiement effectif.

… Il y a là assurément des conditions favorables pour les ménages modestes qui peuvent, dans l'espace de dix ans, devenir propriétaires d'un immeuble, en ajoutant un léger surcroît au prix du loyer qu'ils paient dans l'intérieur de la Ville. ...



Le journal « La Croix » du 15 mars 1889, relate un incident.

Les jours gras ont été, comme toujours, l'occasion de nombreux scandales.
Le Nouvelliste de Bordeaux signale celui qui s'est produit dans la commune de Bouscat (Gironde).

Un char représentait une odieuse mascarade, le supplice de Jeanne d'Arc, la grande héroïne chrétienne et française, la martyre, la sainte du peuple. Les organisateurs ont, le soir venu, brûlé en effigie la libératrice de la France, en hurlant de joie et dansant autour du bûcher. Peut-être ceux auxquels il restait une lueur de raison ont-ils regretté de n'être que des retardataires et de n'avoir pas vécu en 1431, à Rouen, pour brûler tout de bon l'inspirée de Dieu.

Sur un second char figurait saint Antoine, donnant des bénédictions. Cela ne dépasse pas la malice ordinaire des libres-penseurs de cabarets.
Ce n'étaient pas les compagnons qui manquaient à saint Antoine.

M. le curé du Bouscat, dimanche dernier, a célébré en son église, à l'issue des vêpres, une cérémonie expiatoire demandant à Dieu son pardon pour les malheureux qui, espérons-le, ne savent pas ce qu'ils font.



Le maire du Bouscat est suspendu, selon le journal « Le Temps » du 28 juin 1889.

Le préfet de la Gironde, a signé hier 25 juin un arrêté qui a été signifié à l'intéressé, M. Auguste FERRET, maire du Bouscat, conseiller général radical du 1er canton de Bordeaux.

M. Auguste FERRET qui s'est fait un nom en offrant l'hospitalité au congrès dit ouvrier, interdit à Bordeaux est suspendu de ses fonctions de maire pour avoir, malgré les invitations réitérées de la préfecture, refusé de notifier un arrêté préfectoral et avoir, en outre, refusé de venir fournir au secrétaire général les explications que le préfet lui avait demandées. M. Auguste FERRET, qui se proposait d'assister au banquet boulangiste annoncé pour le 6 juillet, n'y assistera du moins pas en qualité de fonctionnaire de la République.



L’origine du Premier Mai a été adoptée au Bouscat. Jean Dormoy était en faveur d’une manifestation à date fixe, ratifiée par le Congrès syndical du Bouscat. Cette adoption fut faite par le Congrès ouvrier socialiste international de 1889, à Paris, fixant cette date au Premier Mai, la journée internationale de revendication. Le premier Premier Mai fut célébré en 1890, mais ce ne fut que l’année suivante qu’il prit une certaine ampleur.

Source « Le Populaire de Paris" » du 29 avril 1923.

Précisions sur l'origine du 1er mai


Un texte de Léon de Seilhac, spécialiste du monde et du mouvement ouvriers entre 1895 et 1914, donne toutes les précisions, sur une fête initiée au Bouscat :

À quoi attribuer le choix de cette date du 1er Mai placée au début du printemps pour une fête de revendications sociales ? D’où provient la désignation de ce jour printanier pour une manifestation tumultueuse ? D’un simple hasard. Le Congrès socialiste du Bouscat, près de Bordeaux avait en 1888 décidé d’organiser une manifestation auprès des pouvoirs publics, dans les différentes villes de France, pour présenter aux municipalités et au gouvernement les vœux du Congrès. Ceci, sur l’invitation du maire guesdiste de Montluçon, M. Dormoy(1), qui trouva ingénieux ce moyen de faire entendre les revendications du prolétariat à la bourgeoisie gouvernante. – Le 10 février de cette année, les groupements ouvriers devaient porter leurs réclamations auprès des municipalités, en long cortège, et le 24 ces mêmes groupes devaient en même solennité aller chercher la réponse des municipalités.

Cette cérémonie eut lieu, mais sans grande pompe et en fort peu d’endroits. La Fédération des syndicats, qui avait pris cette énergique résolution, était en effet peu importante et jouissait d’une influence médiocre.

Mais, l’année suivante, se tenait le Congrès international socialiste de 1889 (vers la fin de juillet) et la question de la manifestation périodique y était reprise, sans être portée au programme du Congrès et d’une façon accessoire. Un délégué américain, Busche du Socialist Labour Parti), demanda qu’à l’ordre du jour il fut ajouté une proposition tendant à organiser une fête internationale, une démonstration annuelle en faveur de la réduction des heures de travail. On approuva bruyamment cette proposition. Mais quelle date choisir ? On proposa le 14 juillet, le 18 mars anniversaire de la Commune, le 21 septembre. – Le délégué américain indiqua que la date choisie par l’American Fédération of Labour, était le 1er Mai. – Par acclamations le 1er Mai fut adopté.

M. Raymond Lavigne(2) fait adopter la résolution suivante, qu’il venait de rédiger :
« Il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d’appliquer les autres résolutions du Congrès international de Paris.
Attendu qu’une semblable manifestation a été décidée pour le 1er Mai 1890, par l’American Fédération of Labour, dans son Congrès de décembre 1888 tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation ».


(1) Une rue du Bouscat porte son nom. Voir le Viographe.
(2) Une rue du Bouscat porte son nom. Voir le Viographe.

Source : Gallica BNF


En juin 1890, La grève des ouvriers verriers de Bordeaux et des Landes finit fort mal pour ceux-ci. Les patrons font insérer aujourd’hui dans les journaux, sous leur signature, la note suivante : « Après les nombreuses entrevues qui ont eu lieu entre les patrons et les délégués des ouvriers, soit à la préfecture, aux verreries des Landes, au Bouscat ou chez M. Teyssonneau, et vu l'impossibilité d'arriver à une entente, les patrons ont déclaré aux délégués des ouvriers verriers :

» 1° Que, décidés à se pourvoir d'ouvriers hors de la région, ils considèrent leurs anciens ouvriers comme entièrement étrangers à leurs usines ;
» 2° Que, par suite, ils considèrent la grève comme complètement terminée et refuseront toute nouvelle entrevue avec des délégués des ex-grévistes.
» C'est pour faire connaître ces résolutions, qui paraissent ne pas avoir été bien comprises par les ouvriers que nous vous prions d'insérer cette note. »



En novembre 1891, la presse relate l'assassinat d'un gardien perpétré par un fou furieux, pensionnaire de la maison de santé Desmaisons, du Castel d'Andorte (Voir Castel d'Andorte).



Le Journal officiel du 19 Septembre 1893 publie un décret en date du 16 septembre 1893 déclarant d'utilité publique l'établissement dans le département de la Gironde, d'une ligne de tramway, à voie de 1m, destinée au transport des voyageurs et éventuellement des marchandises, entre Bordeaux (barrière du Bouscat) et le village du Vigean.



Duel Électoral, selon « La Croix » du 22 août 1893.

Une rencontre au pistolet, motivée par des polémiques électorales, a eu lieu hier soir, au Bouscat, derrière les tribunes de l'hippodrome, entre MM. Raynal et Benon, candidats de la 4° circonscription de Bordeaux.
Deux balles ont été échangées sans résultat.



Le 7 janvier 1894, « Le Petit Parisien », informe de deux accidents mortels, sur l'hippodrome du Bouscat (Voir Hippodrome).

Ces deux accidents se sont produits dans la course de haies de la Ville-de-Bordeaux.

Dès la première haie du parcours, la Jument Margarine renversait son jockey et, tombant sur lui, l'écrasait. Transporte à l’ambulance, l'infortuné jockey expirait avant qu'on ait pu lui donner les premiers soins. C’était un nommé Bordenave, âgé de vingt-sept ans.

Peu après, un autre jockey, nommé Lightfoot, montant Belle-Lurette, était désarçonné et traîné par son cheval. Le malheureux fut aussitôt relevé et transporté à l'hôpital Saint-André. Il y expira quelques heures après, aux suites de lésions du crâne.

Lightfoot, bien connu des « sporstmen » parisiens, et qui avait eu son heure de célébrité sur nos différents hippodromes, venait de reparaître sur un champ de courses après une assez longue absence.

Un troisième accident, mais celui-là moins grave, heureusement, a eu lieu le même jour sur l'hippodrome du Bouscat. Dans la course des « gentlemen-riders », un officier a également été désarçonné. On l'a relevé avec la mâchoire fracassée. Toutefois, ses jours ne sont pas en danger.



Un décret publié au Bulletin des lois de juillet 1894, annonce la création d'un commissariat de police au Bouscat (et simultanément à Talence et Caudéran).



Voici un article très intéressant qui fournit nombre d'informations utiles. Ce très long texte (ici des extraits) parle de projet de loi au sujet du cadastre. On voit ici que le Bouscat est en avance sur son temps. Réf : Bulletin des nominations, informations, lois nouvelles et décrets. Contributions directes n°37 du 15 septembre 1894.

La révision du cadastre.

[...] Ce qui, nous l'avouons, nous a frappé dans cette proposition de loi, c'est que les pensées dont elle s'inspire, le mode de procédure qu'elle préconise, nous les retrouvons dans la délibération prise, il y a trois mois, par le Conseil municipal du Bouscat.

Cette petite commune de banlieue, dont l'administration municipale pourrait servir de type et de modèle à des municipalités voisines, bien plus puissantes, a devancé, en cette circonstance, le législateur tardif.

Elle a pris — le 23 juin dernier — une délibération ainsi conçue :
Considérant que par suite des nombreuses modifications de la propriété foncière depuis 1848, et de la création d'un grand nombre de voies nouvelles dans la commune du Bouscat, il est très difficile aux contribuables et aux agents de l'administration de consulter avec truit le plan de la commune et les matrices cadastrales, et qu'on peut constater dans ces documents de nombreuses erreurs :
Attendu que la commune, qui comprenait en 1846, 1 314 habitants. 592 maisons, 592 ménages et 2 493 parcelles, a, aujourd’hui, plus de 1 800 maisons, 2 774 ménages et près de 10 000 habitants, et qu'on peut évaluer son morcellement à près de 6 000 parcelles, bien que 372 parcelles aient été distraites de son territoire en 1862 pour être annexées à Bordeaux;

Considérant que, d'après l'évaluation du cadastre actuel, beaucoup de terrains classés en première catégorie devraient l'être en dernière, et, qu'au contraire, des terrains classés en dernière catégorie peuvent l'être aujourd'hui en première ;

Considérant que la valeur des terrains varie dans des proportions difficiles à prévoir ; ainsi il n'est pas rare qu'un terrain bordant une voie importante soit vendu de 20 à 60 fr. le mètre carré, alors, qu'un peu plus loin, des terrains similaires comme fonds, sont vendus de 1 à 10 francs ;

Considérant que si le travail d'évaluation fait dernièrement avec tant de soins et de compétence par l'administration des contributions directes, peut donner actuellement satisfaction à la plupart des communes, il ne peut en être de même pour la commune du Bouscat où, en raison du morcellement important des propriétés, on ne peut répartir équitablement les charges qu’en attribuant à chaque parcelle sa valeur propre ; Considérant que la révision du cadastre s'imposant d'une manière générale, est d'une absolue nécessité dans la commune de Bouscat ;

Considérant que L’État et le département, gardiens de l’intérêt public, ont pour devoir d'assurer une répartition équitable de l'impôt et qu'ils doivent contribuer proportionnellement à la part qui leur revient dans le produit de l'impôt, aux dépenses de la réfection du cadastre ; Le Conseil décide :

Qu'il sera procédé, dans le plus bref délai possible, à la réfection du cadastre dans la commune du Bouscat afin d'établir plus équitablement les charges des contribuables et faire disparaître les nombreuses erreurs qui existent dans les documents cadastraux ;

Vote pour les premières dépenses de ce travail une somme de 3000 fr. qui sera inscrite au budget supplémentaire de 1804,
Et prie M. le Préfet de vouloir bien demander à l’État et au département de venir en aide à la commune dans les proportions de la contribution foncière (bâtie ou non bâtie) de ladite commune du Bouscat.

Ainsi la commune du Bouscat, de sa propre initiative, se place à la tête d'un mouvement qui, s'il est encouragé, serait singulièrement propre à promouvoir la première réforme réclamée par le pays et en principe décidée par les pouvoirs publics.

Il nous semble qu'il serait bien, de la part du Conseil général, de s'associer à celte intelligente initiative, qui ne saurait d'ailleurs manquer d'être favorablement accueillie par le gouvernement, en votant la modeste subvention qui lui est demandée.

Jacques VOLAND.

P.-S. — La demande de la commune du Bouscat n'a pu venir en ordre utile au cours de cette session. Elle sera certainement discutée, et, nous l'espérons bien, votée à la session d'avril 1895.



Fin décembre 1894, le Conseil Municipal de Bordeaux rejette la proposition d'extension du tramway qui va du Bouscat au Vigean.

Le Conseil émet un avis défavorable à la déclaration d'utilité publique de la ligne de tramway à traction électrique que la Compagnie de Bordeaux-Bouscat au Vigean, suivant l'avant-projet présenté par elle, demande à établir sur le territoire de la ville de Bordeaux, de la rue David-Johnston au quai Louis-XVIII, et proteste avec énergie contre l'établissement de cette ligne.
Fait et délibéré à Bordeaux, en l'Hôtel de Ville, le 18 décembre 1894.
Le Maire de Bordeaux, Alfred DANEY.



En 1895, « L'Année scientifique et industrielle », donne des précisions sur le tramway.

… De Bordeaux-Bouscat au Vigean, trajet assez court (4820 mètres), on a créé en 1894 un tramway à trolley et fil aérien. La voie a un mètre de largeur, elle est établie en rails Humbert pour la partie posée dans l'axe de la route du Médoc, en rails Vignole pour le reste. Les traverses sont toutes en acier.
Les rampes sont très faibles et varient de 2 à 3 pour 100.

Le conducteur aérien est en cuivre de 8 millimètres de diamètre. Il est suspendu au milieu de la voie, soit par câbles en acier galvanisé attachés à des poteaux en bois ou en acier, soit par des consoles fixées à des poteaux en bois.

Les voitures sont de deux sortes les unes automobiles, les autres destinées à être remorquées; les voitures automobiles, sans impériales, offrent 40 places. Les dimanches et jours de grand trafic, ces voitures remorquent un véritable train et transportent beaucoup de voyageurs; elles sont, en outre, pourvues de cinq lampes à incandescence de seize bougies et de tous les accessoires de sécurité les plus perfectionnés.

Dans la station centrale, les chaudières, au nombre de deux, du type Babcock et Wilcox, pouvant vaporiser chacune 1 850 kilogrammes d'eau à l'heure, alimentent deux moteurs à vapeur Mac Intosh et Seymour compound sans condensation, de 150 chevaux, ayant une vitesse de 135 tours par minute. Ces machines à vapeur commandent directement par courroie deux dynamos. Multipolaires hypercompound Thomson-Houston, ayant une puissance de 100-kilowatts et une force électromotrice de 550 volts à 600 tours par minute.

Pris par un balai sur le collecteur de la dynamo, le courant se rend sur le fil qui est suspendu au-dessus et tout le long de la voie. En arrivant au point de contact de la ligne et du trolley, une partie du courant descend dans la voiture, actionne le moteur placé au-dessous de la plate-forme, et retourne ensuite à travers les rails à la dynamo de la station centrale.

Le courant principal, dont une partie a été dérivée pour faire marcher la première voiture, continue à circuler sur le fil aérien pour alimenter les autres voitures se trouvant sur la même ligne. Le retour s'opère par les mêmes rails et par la terre.

Chaque voiture prend sur le conducteur aérien la quantité de courant qu'il lui faut dans le moment donné. Pour que le retour du courant s'effectue sans difficulté, on a réuni les rails entre eux par des fils de cuivre rivés dans la masse du métal.



Accident, relaté par « Le Temps » du 26 janvier 1895.

Hier, sur la route du Médoc, un ouvrier du télégraphe occupé, à des réparations, laissa échapper le fil qu'il tenait à la main et ce fil passant sur le câble électrique qui sert à la traction du tramway du Bouscat au Vigean, alla descendre jusqu'à terre. Un circuit était ainsi formé. L'ouvrier en a été quitte pour une violente commotion, mais le fil, à terre, toucha d'abord un cheval monté, lequel alla s'abattre à dix mètres foudroyé. Le cavalier était resté indemne. Un autre cheval attelé à un dog-cart fut également touché par le fil et foudroyé. Enfin trois chiens atteints aussi par le courant électrique sont morts de la même manière.

Un peu plus loin, à cinquante mètres environ, deux chevaux attelés a une charrette ont fait un bond énorme frappés sans doute par un courant de retour, mais n'ont pas été tués.

Enfin l'installation électrique d'une grande maison de commerce voisine a été complètement brûlée, la sonnerie s'étant mise à rouler d’une façon désordonnée, une des personnes de la maison se précipita vers la cabine téléphonique pour demander la raison de cet appel insolite ; heureusement la fumée qui se dégageait de l'appareil donna l'éveil et on put arrêter assez facilement un dangereux commencement d’incendie.



Procès-verbal. « La Croix » du 26 juin 1895 informe :

Les journaux de la Gironde annoncent que sur la réquisition du maire de Bouscat, procès-verbal a été dressé dimanche soir contre Mme Miriam Franck, directrice de l'orphelinat des Oblates de l'Assomption, dont l'établissement est situé route du Médoc au Bouscat, pour avoir contrevenu à l'arrêté municipal du 25 mai 1880, interdisant les processions sur la voie publique dans la commune du Bouscat.
Dont acte, et passons.



On parle de vin en Algérie. « La Gazette algérienne » du 22 août 1896 consacre un article à la falsification des vins et donne un bon point à une maison bouscataise :

C'est donc en France surtout, le pays du bon vin pourtant, qu'il est le plus difficile de trouver du vin naturel, fabriqué suivant les règles classiques et ne nuisant jamais à la santé ou à la digestion, et qu'on est dans la nécessité de se faire désigner par des médecins des maisons honnêtes comme la maison Pesqui, au Bouscat, près Bordeaux, restant absolument étrangères à l'art dangereux des falsifications malhonnêtes.



Décès du maire. « La Lanterne » du 24 novembre 1896, relate cette information.

Dix minutes avant l'ouverture du scrutin, la nouvelle se répandait que M. Auguste FERRET venait de mourir. Cette nouvelle s'est malheureusement confirmée et au moment même où on annonçait les résultats de l'élection de la première circonscription de Bordeaux, l'élu avait rendu le dernier soupir.

On aurait tort de se réjouir, à la place Beauvau, de ce malheureux décès, car le gouvernement n'en est pas moins battu par la démocratie bordelaise. Les républicains bordelais se retrouveront, en même nombre, à la prochaine élection.

Nous recevons de notre correspondant de Bordeaux la dépêche suivante :
Bordeaux, 22 novembre.
Depuis quelques jours M. Auguste FERRET, maire du Bouscat, était souffrant, la polémique soulevée par l'organe du ministère de l'intérieur et qui avait atteint le paroxysme de la diffamation, n'avait pas peu contribué à aggraver la maladie de l'honorable M. Auguste FERRET.

La préfecture - sur les ordres du ministre de l'intérieur - se préoccupait des progrès de la maladie et ce soir, à six heures moins dix, quand, à certains signes extérieurs, on a pu croire à la mort du candidat républicain socialiste, un commissaire de police de Bordeaux, en mission au Bouscat, a fait irruption dans le domicile du défunt, afin de constater l'heure exacte du décès. Cette brutale intervention policière cache, évidemment, de noirs desseins !

Il nous suffit de relater ces faits pour que l'opinion publique fasse justice d'aussi misérables procédés.



La même information (décès du maire), vu par le journal « La Croix » est relaté différemment.

On nous télégraphie de Brive : l'évêque, l'archiprêtre et le supérieur du Grand-Séminaire sont tous les trois poursuivis sous l'inculpation de crime de processions.
Les planètes font aussi procession autour du soleil et racontent les merveilles de Dieu en un fameux cantique.

Quand les citera-t-on au tribunal du diable ?
* * *
Le procès à Dieu est une merveille de la part de tous ces infiniment petits qui sautillent au-dessus de la fosse où ils vont pourrir demain, tandis que leur âme sera poursuivie au Tribunal sans appel. Diront-ils alors au Tout-Puissant « Nous sommes plus forts que toi, nous avons empêché ta procession de passer, c’est nous qui avions une écharpe au ventre sur terre. »

Le radical Auguste FERRET, le fameux maire du Bouscat, le pourfendeur des processions, été candidat : les catholiques, faute de mieux, lui ont pardonné son crime et l'ont élu dimanche.
A peine eut-il triomphé par la réunion dans l'urne des bulletins des bons et des mauvais, que le Juge des vivants et des morts l'a appelé devant lui, avant qu'on l'eût proclamé.

* * *
Qu'a-t-il répondu à propos de la procession du Bouscat, celle qu'il a poursuivie en 1895 celle qu'il a empêchée en 1896 ?

Une seule chose, c'est qu'en 1895, nous avons été acquittés et qu'il n'a pas pu obtenir de sentence.

Il dira pour s'excuser qu'en 1896 la procession a été faite par un peuple considérable dans le parc, malgré lui, pendant qu'il montait la garde à la porte, de peur qu'elle ne sanctifiât sa commune. Il dira qu'on lui a pardonné, qu'on a volé pour lui.

Mais le Bon Dieu n'a pas voulu accepter ce verdict de pardon et il a barré le chemin de la Chambre à celui qui lui avait barré le chemin du village on vient de l'enfouir civilement.
* * *
Mgr de Tulle et les vénérables prêtres traduits à la barre pardonnent à ces empêcheurs de Dieu ; je ne sais si, à l'occasion, ils les éliraient députés, mais je sais que ces juges seront jugés à leur tour, et qu'au tribunal, là-haut, il y aura trois témoins l’évêque ; l'archiprêtre et le supérieur du Grand Séminaire de Tulle.

Puissent ces trois obtenir pour ces juges, à titre de circonstance atténuante, une place, non à la Chambre, mais au moins au Purgatoire.



Cette même information, neutre, est publiée dans le « Répertoire des faits politiques, sociaux, économiques et généraux » de 1896.

M. Auguste FERRET, conseiller général radical, maire du Bouscat, est élu par 6 080 voix contre 5 243 données à M. DECRAIS, ancien ambassadeur, républicain.

M. Auguste FERRET, le nouvel élu, est mort à 4 heures et demie, c'est-à-dire avant la fermeture du scrutin ; l'élection est donc nulle. Il s'était alité le 9 novembre (cancer à l'estomac).

Il est décidé que l'élection est valable et qu'en conséquence, il sera procédé à une nouvelle élection dans les délais légaux, sur convocation des électeurs par décret.

(L'élection a lieu le 21 février 1897. M. CHICHÉ socialiste indépendant, ancien député boulangiste, est élu.)



Encore un duel, relaté par « Le Temps » du 23 avril 1898.

A la suite d'un propos tenu mercredi soir dans une réunion publique qui avait lieu au Bouscat par M. Chiché, candidat de la coalition cléricale socialiste, sur le compte de M. Chaumet, candidat républicain dans la 2° circonscription de Bordeaux, celui-ci a envoyé ses témoins à M. Chiché et une rencontre au pistolet a eu lieu hier après midi, à cinq heures et demie, à l'Alouette, près Pessac. Deux balles ont été échangées sans résultat.



Le « Recueil de la Vraie police » (Journal de police théorique et pratique absolument indépendant) du 05 octobre 1898 donne des informations intéressantes sur la police au Bouscat.
Nous apprenons dans une lettre aux Confrères de la Presse Bordelaise, les misères de la police. En voici des extraits :

... Au Bouscat, ville de 10.000 habitants, le personnel de la police se compose seulement de UN garde champêtre et UN commissaire de police. Encore celui-ci n'existe-t-il que depuis cinq ans et la municipalité trouve-t-elle que sa présence est superflue. Chaque année elle refuse l'inscription au budget du crédit nécessaire au traitement de ce magistrat. Chaque année le préfet est obligé d'inscrire d'office ce crédit.

Mais là se bornent tous ses droits : il ne peut pas obliger les édiles du Bouscat à fournir un bureau au commissaire de police; il ne peut pas les empêcher de refuser au commissaire de police — contrairement à ce qui se fait dans toute la France — le bénéfice des vacations. De sorte que ce pauvre fonctionnaire en est réduit à prélever sur son modeste traitement — 2.400 francs par an — non seulement les frais de son logement particulier, mais encore ceux du local dans lequel il exerce sa magistrature.

Ce n'est pas tout. Sa situation pécuniaire se trouve, en outre, inférieure à celle de son seul garde champêtre, au- quel la municipalité accorde. Un logement à la mairie, un bureau bien agencé, le bénéfice des vacations; qui joint, à ses fonctions et à ses appointements de garde, ceux d'afficheur, de crieur public, de facteur municipal, etc... et gagne ainsi avec le casuel 3 ou 4.000 francs par an.

Quelle autorité voulez-vous que le commissaire de police ait sur un agent mieux rétribué que lui, dont l'intérêt est de vivre en très bonne intelligence avec la municipalité ennemie du commissariat imposé… partant du commissaire; sur un agent, enfin, si occupé en dehors de son métier d'agent?

En somme, au Bouscat, il n'y a pour faire la police qu'un commissaire de police auquel on refuse les avantages les plus habituels, qu'on traite en paria et qui, dès son arrivée, ne songe qu'à une chose : repartir. Depuis sa création, c'est- à-dire depuis cinq ans, le poste, a été occupé par cinq commissaires de-police ; le sixième est en fonctions....



La « Revue des établissements de bienfaisance » de 1902, informe de la création d'une association le 24 octobre 1901 :
Œuvre de l'hôpital suburbain des enfants (Voir Hôpital suburbain des enfants), le Bouscat, Bruges et Cauderan.
Objet : soigner et opérer gratuitement les enfants pauvres de ces communes.
Sera publiée au Journal Officiel du 29 octobre 1902.



Les « Archives de médecine des enfants » annoncent l'inauguration, le 11 octobre 1903, d'un hôpital d'enfants créé par les communes du Bouscat, de Bruges et de Caudéran (Voir Hôpital suburbain des enfants).
A la création, cet établissement, ne comprend qu'un pavillon chirurgical de 26 lits, le Pavillon Édouard-Delaye, dû à l'initiative privée. Cet hôpital suburbain est destiné à venir en aide aux enfants pauvres de la banlieue bordelaise.
Le 5 novembre 1906, a été inauguré, dans cet hôpital, un nouveau pavillon pour les enfants arriérés et mentalement anormaux.
Le Dr Édouard DELAYE, pédiatre distingué et homme de bien, fondateur et directeur de l'Hôpital suburbain des enfants au Bouscat, décède en 1918.





Le « Journal de la Gendarmerie » du 22 avril 1904 nous apprend qu'une brigade de gendarmerie à pied a été récemment créée au Bouscat.

Les militaires composant cette brigade proviennent tous des brigades de Bordeaux et de Caudéran qui ont été réduites en conséquence (un brigadier et deux gendarmes de Bordeaux, un gendarme de Caudéran).

Une demande d'indemnité pour cherté de vivres est accordée par le Président de la République, Émile Loubet.





En juillet 1914, le Gouvernement s'installe à Bordeaux.
Le président de la République est à la préfecture, rue Vital-Caries, dans les locaux de l'ancien archevêché.
La présidence du conseil, avec M. Viviani, à la mairie de Bordeaux, et son domicile, hôtel Ballande, 15, place Pey-Berland.
La légation de Grèce est au Bouscat, dans la propriété de M. Henri GROSSARD.




En mars 1919, la police a arrêté au Bouscat une bande de sept jeunes cambrioleurs, connue sous le nom de « bande des sobriquets », âgés de 17 à 20 ans, qui, depuis plusieurs mois, commettaient de nombreux vols, pillant les maisons, même habitées et faisant preuve d'une audace déconcertante.




En février 1920, au Bouscat, deux tramways venant l'un de Bordeaux, l'autre de Bruges, sont entrés en collision. Les plates-formes ont été réduites en miettes et une quinzaine de voyageurs ont été blessés plus ou moins grièvement. Une dame, tombée dans l'un des tramways, piétinée par les autres voyageurs est dans un état grave.




Le dimanche 26 juin 1921 s'est déroulé un meeting d'aviation à l'hippodrome du Bouscat organisé par l'Avia Club du Sud-Ouest.

voir la page Aviation.




Début mars 1923, la tempête souffle par rafales et a interrompu la plupart des communications télégraphiques et téléphoniques avec d'autres villes. Un cirque en construction aux Quinconces, pour la foire de mars, a été partiellement détruit. Un ouvrier a été légèrement blessé.
En rade, un ponton a coulé. Il n'y a eu aucune victime. Aucun navire n'a pu partir ni franchir les passes.
Les eaux de la Garonne continuent à grossir. Aux allées de Boutaut, plusieurs familles ont dû être encore évacuées ; un certain nombre de maisons menacent de s'effondrer.
Au Bouscat et à Bruges, on évalue à 500 le nombre des personnes qui eurent à souffrir de l'inondation.




Le « Journal officiel de la République française » du 17 juin 1925 adopte cette proposition :
Les communes de Bouscat et de Bruges (mêmes arrondissement et département) sont réunies en un seul canton dont le chef-lieu est fixé au Bouscat.




Début juillet 1925, un incendie s'est déclaré dans l'asile d'aliénés du Bouscat.
Le feu a pris naissance dans la toiture du pavillon central habité par le directeur. Les malades placés dans les pavillons spéciaux n'ont couru aucun danger. La toiture s'est effondrée. Les mansardes et le premier étage sont intacts.




En décembre 1926, un accident s'est produit dans la fabrique d'eau de javel Denux au Bouscat.
Une énorme bonbonne contenant de l'acide chlorhydrique s'est brisée sur un fût renfermant du chlorure de potassium, libérant d'épais nuages de gaz asphyxiants dans le quartier.
Les habitants s'enfuirent ou s'enfermèrent chez eux. Plusieurs subirent un commencement d'asphyxie et d'autres furent plus ou moins incommodés.
Tous les animaux de basse-cour, dans un certain rayon, ont péri.




Le lundi 28 mai 1928, un incendie s'est déclaré à la ferme appartenant à M. Esquire, laitier, et située allée de Boutaut, au Bouscat.
Malgré les efforts des soldats du camp Guynemer et les pompiers de Bordeaux, qui mirent six lances en batterie, le feu, après avoir dévoré les bâtiments Esquire, se propagea aux immeubles voisins, dont deux furent entièrement incendiés et un troisième en partie détruit. Ces quatre immeubles (dont deux ateliers, l'un de menuiserie, l'autre de tonnellerie) occupaient huit cents mètres carrés. Plusieurs familles qui se trouvaient sans abri ont été recueillis au camp Guynemer. Les dégâts sont très importants.





Les arènes du Bouscat furent ouvertes en 1921 et fermées en 1961, puis détruites en 1970. Actuellement, résidence « Les Arènes ».

Les arènes se trouvaient entre l'avenue du Président Robert Schuman et les rues Jean Castillon, Max Coyne et de l'amiral Courbet. (Voir détails Les arènes du Bouscat)

Montage de carte OpenStreetMap, photos IGN et CUB






Pendant la guerre notre école se trouvait dans le passage près de la mairie (actuel passage des écoles, entre cours Louis Blanc et rue Coudol).
Le surnom de l’école était « les classes en bois ». Le bâtiment et les classes étaient en bois. Les séparations entre classes, également en bois, permettaient de voir de l’autre côté de la cloison à travers les nœuds du bois.
Notre curiosité nous réserva une mauvaise surprise. En effet, au cas où l’école serait bombardée et pour limiter au maximum le nombre de victimes, les classes étaient occupées une sur deux. Et dans les classes inoccupées, la mairie avait stocké un grand nombre de cercueils en prévision du pire.

      Récit de Jacqueline ESTÉBE




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A voir également :
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Les origines du Bouscat et de la région.
Changements survenus dans l'état de l'église Saint-Seurin
Au fil du temps. Partie 1
Au fil du temps. Partie 2
Le viographe
Personnages du Bouscat
Monument aux Morts
Hippodrome du Bouscat : histoire, satire
Aviation
Photos au fil du temps
Ravezies : l'ancienne gare
Tramways anciens
Tramway. Ligne D. Présentation
Tramway. Ligne D en photos (avant 2017)
Tramway. Ligne D en photos (2017)
Tramway. Ligne D en photos (2018)
Tramway. Ligne D en photos (2019)
Le Castel d'Andorte au Bouscat.
Télégraphie Sans Fil 1911 et après.
Propos au sujet d'une élection en 1867
Historique de l’hôpital suburbain des enfants au Bouscat
Historique des quartiers Ausone - les Écus - ABAP - Partie 1
Historique des quartiers Ausone - les Écus - ABAP - Partie 2
Place Gourribon, la Vache, Tuilerie des Ecus
Travaux 1987 rues Ausone et Lanet
Les ruisseaux Limancet et Climenet
Église Sainte-Clotilde
Les arènes du Bouscat
Une autre époque (1892)
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