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Inondations

 
Source : http://gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, réutilisation non commerciale libre et gratuite.

Inondations en janvier 1843

 

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Difficile d'imaginer ces inondations qui dépassent largement le cadre de la Gironde. Si beaucoup de choses ont changées, beaucoup de lieux cités sont toujours présents. Prenez une carte et imaginez !

 

Extraits de "Origine de Bordeaux, et inondations de la Gironde et des départements limitrophes en janvier 1843" - BNF.

 

On lit dans le Mémorial du 16 Janvier :
Les grosses pluies qui n'ont cessé de tomber depuis quinze jours, la violence des vents, une forte crue dans les eaux de la Garonne, viennent d'occasionner dans notre ville d'affreux malheurs : les bas quartiers de Bordeaux avoisinant les quais, plusieurs rues de l'intérieur, telles que celles de Cheverus, Beaubedat, Margaux, et autres environnantes, sont submergés par les eaux ; la circulation est interrompue sur plusieurs points, et la hauteur des eaux est arrivée à plus de 30 centimètres dans le rez-de-chaussée des maisons.

Mais là ne se bornent pas les accidens ; que l'on parcoure les quartiers de Belleville et de Mériadeck, ceux compris entre la rue Pont-Long et la rue de l'Eglise Saint-Seurin, et l'on n'apercevra qu'un immense lac ; les eaux se sont élevées à plus de 3 mètres dans certains endroits ; toutes les maisons situées à droite et à gauche de la chaussée faisant suite à la rue Judaïque - Saint-Seurin ont été envahies par elles ; les belles serres de M. Gueyraud, le jardinier fleuriste et pépiniériste, sont en partie détruites, et lui-même, ainsi que sa famille, ont eu beaucoup de peine à se soustraire à l'action toujours croissante des eaux.

La désolation est peinte sur tous les visages des personnes qui habitent ce quartier ; de grands malheurs pouvaient arriver, cependant aucun ne nous a encore été signalé. Tous les terrains situés aux environs de la place Mériadeck et de la manufacture des tabacs sont également inondés ; les habitans se sont réfugiés dans les étages supérieurs des maisons, d'autres ont abandonné leurs domiciles. Ce triste spectacle navre le cœur ; et si l'on songe surtout que ces quartiers sont habités par la classe ouvrière et industrielle qui n'a d'autres moyens d'existence que ses bras et son travail, combien doit-on gémir sur la présence du terrible fléau qui est venu tout à coup la plonger dans une affreuse misère !

Le temps paraît être toujours mauvais ; des nuages lourds et noirs paraissent au soleil couchant. Dieu veuille que l'inondation ait bientôt un terme et que les eaux s'écoulent rapidement, car un séjour prolongé augmenterait encore les pertes, et pourrait nuire à la solidité des maisons.

Dans cette épouvantable catastrophe, qui, de mémoire d'homme, n'était venue fondre sur notre ville, l'autorité municipale a rivalisé de zèle pour atténuer, autant qu'il était possible, les maux qui pouvaient résulter de cette subite inondation. M. le Maire de Bordeaux, accompagné de M. le Directeur des travaux publics, a visité, dans la journée d'hier, tous les points menacés et envahis par les eaux ; il a fait transporter dans les quartiers submergés des barques pour pouvoir porter des secours en cas de besoin, et sauver quelques débris à la fureur des flots ; de nombreuses patrouilles, des ouvriers de la ville, porteurs d'échelles et de cordages, ont dû veiller la nuit dernière ; enfin, rien n'a été négligé pour combattre les funestes résultats de cette inondation.

Tous les environs de Bordeaux, tels que Bruges, Eysines, Blanquefort, Parempuyre, le Bouscat, et les marais de Rivière, sont submergés par suite des ruptures des digues et des débordemens de la rivière. Voici encore quelques nouveaux détails que nous croyons exacts et qui nous sont communiqués à l'instant :
Le pont de Ladouce, situé au bas de Caillou, sur le chemin de Bègles, s'est enfoncé, et toute la propriété de M. Bigourdan est sous l'eau : on craint beaucoup pour les murs, que l'eau mine. Dans la ruelle du Péril, près le moulin d'Ars, 15 ou 20 mètres de mur, de Mme Geneste, se sont écroulés.

Dans le même quartier, une partie des murs de la propriété de M. Bosc a été renversée.

Pendant la nuit de samedi, le pont de Talence a été couvert de plus de 1 mètre d'eau. La violence des flots s'est portée sur le mur de gauche, qui a été détruit.

A Gradignan, il y a près de 1 mètre d'eau dans la verrerie, et le passage aux environs est interdit même aux voitures.

Au pont de la Maye, des bâtimens de la belle blanchisserie de toile se sont écroulés en partie, mais heureusement personne n'a été blessé.

Au pont du Guit, l'auberge de M. Moreau a été envahie subitement par les eaux ; il a fallu, hier matin, aller chercher le propriétaire et sa famille à bord d'un bateau.


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