Belles demeures
Inventaire villas (1866)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies ou technologies similaires de traçage pour réaliser des statistiques de visites. |
Extrait du livre des « Châteaux de la Gironde », de Édouard Guillon et daté de 1866, voici un descriptif intéressant des villas existantes au Bouscat à cette époque.
La dernière phrase, sans rapport avec les belles demeures est importante : Il n’y a dans le Bouscat aucune propriété vinicole. Elles avaient donc disparues depuis peu.
source : archives personnelles Jean-Claude Bertreau
LE CHÂTEAU D’ANDORTE
Voir histoire complète du Castel d'Andorte sur cette page.
LE CHÂTEAU DE LAFON-FÉLINE
Cet édifice moderne fut construit vers 1840, par M. Lafon, à côté du Petit Chemin d’Eysines*, sur les confins et le point culminant de la commune du Bouscat ; il se compose d’un beau corps-de-logis rectangulaire élevé de plusieurs étages et terminé par une coupole ardoisée couronnée d’un belvédère ; à droite et à gauche sont des bas-côtés terminés par des terrasses, et devant la principale porte est un perron où l’on arrive par un double escalier. Tel est à-peu-près le château de Lafon-Féline.


Son origine fut une magnanerie (voir Sériciculture Lafon-Féline) : on y éleva les vers à soie, et l’on y essaya le filage du cocon ; mais cette industrie, qui eût été une branche de fortune pour le département, ne réussit pas et fut abandonnée. Le château resta une belle habitation de campagne et fut loué à des étrangers. Sa construction est belle, son site bien choisi ses alentours charmants : il y a des parterres, des arbustes exotiques et un verger ; il possède en outre une propriété qui s’étend au Nord jusqu’à la route du Médoc, et dans laquelle sont quelques vignes sur des croupes bien exposées, mais où sont aussi des bois, des landes et des terrains mal cultivés. Lafon-Féline avoisine la lande de Peseou, où se trouve l’hippodrome. M. Lafon, son propriétaire, habite une maison charmante située au Nord du château.
(Renseignements locaux – Visité en 1866.)

* Petit Chemin d’Eysines = Avenue d'Eysines
LE CHÂTEAU CLAMORON
Il y avait en 1848, auprès du bourg du Bouscat, une ancienne maison entourée de beaux ombrages qui s’appelait Clamoron ; M. Frédérick Bayle l’ayant achetée, la fit démolir en 1849, et fit bâtir à sa place un petit castel de forme originale et gracieuse qu’il appela le Château de Clamoron. C’est un rectangle élégant, élevé de deux étages au-dessus desquels règne une terrasse, et flanqué de deux tours octogones percée de fenêtres ogivales et de meurtrières, couronnées par des créneaux : une espèce d’imitation de Moyen Âge.
Il est meublé confortablement, entouré de servitudes, et sa façade donne sur une propriété d’agrément d’environ sept journeaux
(1)
, convertie en parterres, en pièce de gazon, en allées sinueuses et en une garenne ; le tout embelli par des arbustes, un jet d’eau, des statues, un kiosque, un chalet, une chapelle rustique disséminés çà et là.
Clamoron, malgré ses tours crénelées, n’a nullement l’apparence d’un château féodal ; mais c’est une villa charmante et dont son propriétaire a le droit d’être fier.
(Visité avec M. Bayle en septembre 1866.)

Situation très approximative du château Clamoron : entre les avenue de Tivoli, avenue Victor Hugo, avenue Sadi Carnot et rue Raymond Poincaré
LE CHÂTEAU DE BRESSON
Le Bouscat possède encore le Château de Bresson, situé à l’extrémité de la commune, près de la route et sur les bords du Limancet*. C’est une maison bourgeoise très-ordinaire, entourée d’une plantation de mûriers, et qui est qualifiée château, bien qu’elle n’ait jamais été qu’une magnanerie et une filature de soie qui a prospéré pendant quelques années.
Depuis cette époque, un industriel malhabile y installa une fabrique de poulets à l’instar du Midi ; mais il ne sut pas prendre ses mesures, perdit sa marchandise et abandonna promptement le château, réduit depuis ce temps à son modeste rôle de maison de campagne.
Enfin, une villa moderne, surmontée d’un belvédère, entourée de jardins et d’ombrages, porte aussi la qualification de chateau ; bâtie par M. Chocarne, elle appartient aujourd’hui à M. Sève, et s’élève entre le Petit chemin d’Eyzines** et la route du Médoc.
* bords du Limancet : erreur fréquente. Il s'agit du Climenet.
** Petit chemin d’Eyzines = Avenue d'Eysines
Maisons nobles
Outre ces différents châteaux, les archives et les traditions locales signalent quatre anciennes maisons nobles dans le quartier du Bouscat, savoir : Larivière, qui était une baronie ; Le Thil, qui était à M. de Durfort ; Peyblanquet, qui appartenait à la famille de Lalande ; La Rodde, qui a laissé son nom à un village voisin. Ces quatre maisons étaient des fiefs dépendant du Chapitre de Saint-Seurin ; la première se trouve aujourd’hui dans la commune de Bordeaux, les autres sont confondues Avec les villas et les maisons qui les avoisinent.
Les villas sont nombreuses dans le Bouscat, et une partie de son territoire est couvert de leurs constructions, de leurs parterres et de leurs grands arbres. Quelques-unes peuvent lutter avec les plus belles du département, les autres ne déparent pas la banlieue bordelaise.
AUSONE
La plus ancienne, sinon la, plus belle est AUSONE, qui est presque une villa historique. On la fait remonter jusqu’au poète dont elle porte le nom, et la tradition raconte qu’elle était autrefois un lieu d’asile d’où le condamné pouvait braver le législateur. Elle est située près du Limancet, sur les limites du Bouscat et de Bruges, et ne représente plus qu’une maison très-ordinaire, entourée de jardins, de prairies, d’une garenne et d’une vaste pièce d’eau.
La villa d’Ausone a été louée par le Supérieur du Collège de Tivoli, et les élèves vont passer leurs jours de vacances dans la maison de campagne du vieux poète et professeur.
VILLA MARGAUX
La VILLA MARGAUX, située à La Vache, sur un point qui domine les marais, est assez vaste, meublée avec luxe et entourée d’une petite propriété d’agrément où s’élèvent des charmilles et des grands arbres. Margaux servit autrefois de mairie, puis M. Duvigneau (voir Alfred DUVIGNAUD) y créa un établissement hydrothérapique (voir établissement hydrothérapique) qui ne s’est pas maintenu.
VILLA LE BEC
LE BEC est encore une des belles villas du Bouscat : c’est un rectangle assez vaste dans le goût du dernier siècle, et élevé d’un étage au-dessus du rez-de-chaussée ; on y arrive par une grille bordant la route et une allée d’ormeaux. Derrière sont des parterres, des arbustes, des statues, des charmilles courant en divers sens, et environ 8 hectares de prairies et de vignes. Le Bec était à M. Grateyron, mort en 1865.
VILLA LAHARPE
LAHARPE, située au canton de La Rodde, est une villa du siècle dernier, formant rectangle, avec terrasse, et entourée d’allées d’ormeaux. Elle fut bâtie par la famille Teissier, passa par alliance à M. Alphonse-Daniel de LA HARPE, puis à M. Georges-Eugène HAUSSMANN, préfet de la Gironde ; elle est aujourd’hui à M. Barincou.
VILLA BAGATELLE
BAGATELLE. Cette villa, qui est sur le chemin de Bordeaux à Bruges, est fort belle ; l’on y arrive par un portail semi-circulaire et par un vaste massif de platanes. Il y eut jadis une fabrique de tabacs ; on l’appelle encore la Fabrique, et on y voit quelques restes de fourneaux.
VILLA LACHAISE
LACHAISE porte le nom d’un tailleur renommé, elle élève derrière un massif de verdure ses constructions élégantes, surmontées d’un pavillon central. Lachaise a un cachet tout à fait aristocratique.
VILLA GANSEFORT
GANSEFORT, bâtie il y a quelques années par M. Teissier, courtier, et dont Ie nom rappelle celui d’un de ses anciens propriétaires, étale une longue façade blanche surmontée d’un toit en ardoises et d’un belvédère ; mais ses ombrages laissent à désirer.
LA CHARMILLE
LA CHARMILLE, dont la façade est ornée de deux tours rondes qui lui donnent l’apparence d’un petit château, et qui étend vers le Midi ses longues allées de chênes.
PEREY
PEREY, près de La Rodde, où était jadis un pavillon chinois qu’a remplacé une habitation bâtie par M. Basse, et qui appartient à M. Brugerolles.
JOGUET
JOGUET est une construction ancienne flanquée de petits pavillons.
Villas diverses
Il y a encore la villa de M. Caboy, près d’Andorte ; celle de M. Lafaurie, près du bourg ; celles de M. Durand, de M. Grossard et de M. Crouse ; Rabbaud, Bonabons, Sarrouch ; un grand nombre d’autres qui se cachent dans les arbres, et un restaurant qui a mis résolument sur son enseigne : A LA VILLA.
Il n’y a dans le Bouscat aucune propriété vinicole.
(1) Journal : C’était l’unité de superficie la plus utilisée sous l’Ancien Régime. Il s’agissait de la quantité de terre qu’une charrue pouvait labourer, ou qu’un homme pouvait travailler, ou la quantité de pré qu’il pouvait faucher, etc. en une journée.
Le journal de Bordeaux : 31 ares 93. Source Histoire-Généalogie