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L'hippodrome du Bouscat



 

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Source : http://gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, réutilisation non commerciale libre et gratuite.

Dessin et photos vers 1920 - 1925

« Aux Courses de Bordeaux ». Georges de Sonneville. 1923.Source : Gallica BNF
Sur l'hippodrome du Bouscat (au hasard de l'objectif).1924. Source : Gallica BNF
Sur l'hippodrome du Bouscat (au hasard de l'objectif).1924.
Ces instantanés ont été pris avec le " Phototank ”, nouvel appareil photographique essentiellement français,créé et fabriqué à Bordeaux par MM. H. Bayle et V. Houssin.
Cet appareil de haute précision se caractérise par son oblurateur absolument nouveau et par la disposition de son viseur spécial qui permettent, quelle que soit l'intensité de la lumière, et même à l'intérieur, de saisir l'attitude et l'expression d'un sujet, à son insu. On en peut juger par les résultats obtenus ci-dessus.
Source : Gallica BNF

 



 

Description et historique en 1929

 
Source : http://gallica.bnf.fr / Le Sport universel illustré 

 

Le 2 mai 1845, il est décidé de créer une Société pour l’amélioration et la propagation de la race chevaline et des courses, qui prit le nom de « Société d’Encouragement du Club Bordelais » Après une interruption due à la guerre de 1870, les courses reprennent dès 1871, avec des moyens limités.

Dans les années suivantes, la situation s’améliore progressivement.

En 1917, pour répondre aux vœux de la Société d’Encouragement dans le but de sauvegarder l’élevage méridional, sont organisées les épreuves de sélection. Elles donnent lieu à quatre journées de courses au cours desquelles 80 000 fr. d’encouragements sont distribués, sur lesquels la Société d’Encouragement du Club Bordelais participe pour 20 000 francs.

En 1918, trois nouvelles journées de courses sont organisées.

En mai 1919, la Société d’Encouragement du Club Bordelais et la Société des Steeple-chases de Bordeaux, réorganisent leurs réunions.

Sous la présidence du marquis du Vivier, la fusion se faite le 1er janvier 1928, sous le nom de Société d’Encouragement de Bordeaux.

Le Prix le plus ancien est le Derby du Midi, qui fut créé en 1851 ; il était doté à cette époque d’une allocation de 3 000 francs et fut gagné par Darling, au baron de Nexon.

Cette course qui devait devenir classique et l’une des plus importantes du Sud-Ouest, fut augmentée progressivement, elle était de 20 000 francs en 1914 et a atteint 50 000 francs en 1929. Il fut créé peu après la guerre, le Grand Prix de Bordeaux, porté en 1929 à 70.000 francs, et le Grand Critérium du Bouscat de 27.000 francs, pour chevaux de 2 ans.

Toutes les réunions ont lieu, depuis la fondation, sur l’hippodrome du Bouscat ; cette magnifique propriété de 65 hectares est située a 5 kilomètres de Bordeaux sur la route du Médoc ; elle a été acquise en 1921 par une Société immobilière dont la plupart des actionnaires sont membres de la Société d’Encouragement de Bordeaux, assurant ainsi l’avenir des courses à Bordeaux ; d’un accès très facile il est desservi par une ligne de tramways partant du centre de Bordeaux.

Il y a 3 pistes établies sur un sol sablonneux et très perméable ; la principale fait 2 000 mètres de tour, complétée par une autre piste très large. La piste de steeple-chase traverse en diagonale l’hippodrome dans toute sa longueur.

 



 

Satires par Victor Laporte. 1846

 

 
Sauf faute énorme, l'orthographe du texte est respectée. Certains mots sont en italique. J'en ignore la raison.

Les Trois-six... Ibrahim... aujourd'hui l'Hippodrome..
C'est, pour mes Souscripteurs, un bienheureux symptôme !
Par ce rude labeur, rapprochant les saisons,
J'aurai bientôt fourni mes douze livraisons.
Si je n'étais toujours à l'affût des nouvelles,
Peut-être elles pourraient me demeurer rebelles ;
Car, pour ma Némésis, les sujets peu féconds
Semblent dégénérer sur le sol des Gascons.

Aussi, dans ce métier, j'ai cru prudent et sage.
Pour toutes les saisir, d'épier leur passage,
Sauf à chômer ensuite, implorant le hasard,
De ne pas oublier un poète en retard.
Ibrahim, en passant, éclatant météore !
A semé des clartés qu'on voit briller encore,
Les danseuses Blangy, Célina Moulinier,
Leurs bagues à la main, ne sauraient le nier.

Mais ces riches présents offerts par Son Altesse,
Cet hôtel de la Paix qu'on visite sans cesse,
Comme le Jeudi-Saint, un pieux monument,
De mes vers aujourd'hui ne sont qu'un court fragment.
Laissons donc de Bordeaux les dames les plus grasses
Se vanter du Pacha d'avoir les bonnes grâces,
Et répandre en tous lieux que, par ses traducteurs,
Ibrahim leur a dit certains mots très flatteurs ;
Souffrons que du canard, le confrère et le type,
Sansot, du noble turc nous montre encor la pipe ;
Qu'auprès de ses fourneaux, poète marmiton,
D'un torchon de cuisine il affuble Apollon !

Alerte ! mes lions... mes beaux... mes Gentilshommes !
Prodigues sans fortune, ou riches économes,
Quel que soit votre rang, quel que soit votre état,
Il vous faut établir votre asile au Bouscat.
Allons, faites sortir vos brillants équipages,
Appelez vos laquais en attendant vos pages ;
Vite envoyez chercher nos meilleurs carrossiers
Pour revoir les harnais de vos nobles coursiers !
Faut-il que le cocher, pendant votre toilette,
Attelle à la Daumont ou bien en Arbalète ?

Dites à votre groom, vous l'essayez en vain,
D'attacher le bouton de votre gant Jouvin ;
Puis, faites arrêter, parmi vous c'est bon style,
Vos chevaux écumants tout près du Péristyle ;
Allez nonchalamment jusqu'au Club de Gaillard,
Jeter dans les salons un familier regard ;
Remplissez vos étuis de monstrueux cigares
Dont quelques-uns de vous sont, dit-on, fort avares.
Si vous en rencontrez, tous dignes d'être admis,
Emmenez avec vous quelques joyeux amis ;
Et le fouet à la main, près d'un groom, vrai pygmée,
D'un excellent tabac savourant la fumée,
Devant ce vil public, pour vous voir, réuni,
Tournez élégamment les bornes de Tourny !

Quant aux membres du Club, et c'est le plus grand nombre,
Du plus petit Poney qui n'ont pas même l'ombre ;

Quant à ces grands prôneurs de l'encouragement,
Qui n'ont pas dans leurs prés une seule jument,
Qui ne sauraient monter, sans une courbature,
De Balaam le juif l'éloquente monture,
Et qui, de leurs coupés, pour ne point faire abus,
Préfèrent bonnement rouler en omnibus ;
Eh bien ! si, consultant leur bourse et leur courage,
Ils veulent essayer d'un cheval de louage,
Defforge, Jean Volter, Lacroix ou Machemin,
En ont de tout dressés à faire ce chemin ;
Ou Gabache et Laurent, cochers de citadine,
Après avoir d'abord fait prix à la sourdine,
Pourront, s'ils l'aiment mieux, sur le turf Guichenet,
Les porter pour l'enjeu d'un coup de lansquenet.
Allons, le temps est beau, l'heure rapide avance,
Il faut à fond de train parcourir la distance :
Brûlons donc le pavé, sans retard ni détour,
La consigne ne peut nous gêner qu'au retour.

Pour moi, qui, comme vous, n'ai pas le sport dans l'âme,
Il me faut, tout d'abord, acheter un programme ;
Puis épeler un peu tous ces termes nouveaux
Sans lesquels on ne peut voir courir vos chevaux ;

On m'offre justement les réclames pompeuses
Qu'on publie, en tous lieux, sur vos courses fameuses,
Et dans ce vaste puff, par le Club rédigé,
Je vois avec plaisir que rien n'est négligé :

« Les courses du Bouscat, suivant leur destinée,
» Sous un auspice heureux s'annoncent cette année !
» Les chevaux et les grooms, connus dans l'univers,
» Par leur course rapide et leurs succès divers,
» Sans doute jalousant nos compétents éloges,
» Accourent de Paris, de Tarbes, de Limoges ;
» Pour disputer les prix du grand Club Bordelais
» Ils doublent leur étape et forcent les relais ;
» Le Bouscat est déjà témoin de leurs culbutes ;
» Mais sur le résultat de ces prochaines luttes,
» Sur nos Books sont inscrits de si nombreux paris
» Qu'ils égalent London et surpassent Paris !
» Vous n'aurez jamais vu de semblables merveilles :
» Les courses de Bordeaux n'auront pas leurs pareilles ;
» Nous avons ajouté, pour nos trois mille francs,
» Le prix des pavillons pour chevaux de quatre ans ;
» Puis une fois lancés, déboutonnant nos braies,
» Nous avons importé le fameux prix des haies

» Pour Gentlemen-Riders. Ces heureux vingt-cinq louis
» Vont donc nous procurer des plaisirs inouïs !
» Chaque cheval, monté par son propriétaire,
» Pour complaire au public, doit le jeter par terre ;
» Enfin pour plus d'attraits, par nos soins entraînés,
» Nous devons tous courir montés sur des poneys !
» Des illustres coursiers que notre Club engage,
» Voici les noms, le sexe, et la couleur et l'âge,
» Puis le procès-verbal, que l'on dresse en naissant,
» De leur père attestant la pureté du sang.
» Pour remplir jusqu'au bout notre tâche importante !
» Il faut citer : Djally, Zabulon, Prétendante,
» Nisus, Tinkor junior, puis Amanda, Folly,
» Pompéia, Frétillius et Partisan Filly ;
» Ajoutons, pour n'avoir aucune préférence,
» Quibus, Aden, Loto, Comète et Miss-Lawrence.
» Quant aux noms bien connus des Gentlemen rivaux,
» Célèbres possesseurs de si vaillants chevaux,
» Drak, Chabrier du Gol, Nexon... Lafont-Féline
» Qui résume en Cutler la race chevaline ;
» Le prince de Beauveau, Lassalle, de Vauteaux,
» Middledilch, Noulibos, Barbotan, Dartigaux.
» Daigne nous pardonner, St-Aure Couperie,
» Nous allions oublier ta rapide Octavie !...

» Il suffit de vouloir laisser tomber les yeux,
» Sur des coursiers issus de si nobles aïeux,
» Sans fréquenter le Turf, pour se douter d'avance
» De l'ardeur qu'on doit mettre à franchir la distance,
» Et venir recevoir, avec empressement,
» Les prix des seuls soutiens de l'encouragement. »

Bravo ! C'est bien compris ; mais dans tout ce programme
Une chose m'afflige et rend triste mon âme :
Eh quoi ! parmi les noms de ceux qui font courir,
Pas un de vous, Messieurs, hélas ! ne vient s'offrir ?
Et pourquoi donc vanter vos nobles écuries ?
Ce ne sont, on voit bien, que des allégories ;
Car je ne compte pas, et ceci vous confond,
Comme membre du Club, de Lassalle et Lafont.
O mes jeunes Sportmen ! aimez toujours les courses,
Surtout tant qu'il ne faut rien sortir de vos bourses ;
Puis espérons qu'un jour, voyant votre embarras,
Vos pères voudront bien vous fournir des haras !

Timide spectateur, dans cette plaine immense,
Qui, sans rien dire, attend que la course commence,
A ce programme clair, si tu n'as rien compris,
Hélas ! tu ne pourras suivre l'ordre des prix.

Tous ceux qui, comme nous, ne sont pas Anglomanes,
Sont ici regardés comme de vils profanes,
Obligés de s'asseoir, moyennant leurs deux francs,
D'un raboteux sapin, sur les humides bancs.
En vain tu risquerais une simple demande :
Comment veux-tu, dis-moi, que ton voisin t'entende ?
Un Sportman pourrait seul te tirer d'embarras ;
Mais en de pareils lieux il ne se commet pas.
D'habitude, du Club le lion solitaire
Ne marche accompagné que d'un sociétaire,
Et n'abaisse jamais sa canne ou son chapeau
Que devant un ami portant la même peau ;
Mais ici sur le turf, poussant tout à l'extrême,
C'est tout au plus s'il peut se connaître lui-même !
Dans ce rustique enclos entouré de poteaux,
Il se pose couvert de son twine à carreaux.
Bientôt tu vas le voir, monté sur cette estrade
Dont ce fragile appui forme la balustrade.
C'est de là qu'entouré de partners, de rivaux,
Le chronomètre en mains, il suivra les chevaux.
A eux seuls de la course appartient le contrôle ;
Depuis un an, du reste, ils ont appris leur rôle.
Tu ne les verras pas se montrer en public
Sans joindre au parapluie un souple regent stick.

Encor s'ils inventaient, dans leurs creuses cervelles,
Pour le sport Bordelais quelques modes nouvelles ;
Si quelque mot heureux nous était apparu
Illustré d'un brevet provenant de leur cru !
Mais non : de nos lions la race abâtardie,
Des Gentlemen pur sang tentent la parodie,
Et tirant vanité de leur sot plagiat,
Microscopiques nains, ils singent Goliath !

Voyez avec leurs Boocks sur le turf qu'on envie,
Ces Gentlemen-Riders que notre Sport convie,
Steeple-Chase... Handecap ! A ces mots, éblouis,
Ils inscrivent au Book un pari... de deux louis !
Mais nous pouvons sans doute, en écartant la tente,
Promener nos regards dans cette cour d'attente :
C'est juste le moment où de nombreux garçons
Dépouillent les chevaux de leurs caparaçons ;
Plus loin, sous un hangar, peu fait pour cet usage,
Des jockeis habillés on procède au pesage,
Afin de remplacer, par un plombant métal,
L'embonpoint qu'a détruit un régime anormal.
Mais, tenez ! au galop un jockei rouge entraîne
Un des lutteurs inscrits, pour le mettre en haleine.
Regagnons notre place, un voisin peu loyal
Pourrait s'en emparer, même avant le signal.

Pour de pareils sujets, ô Providence avare !
Que ne m'as-tu donné la lyre de Pindare !
Pour chanter dignement nos Olympiques jeux,
Il me faudrait l'accent du poète des dieux...
Que ne puis-je des Grecs chantant sur tous les modes,
Dédier aux lutteurs mes immortelles odes !
Mais, qui sait ? de Myrtis, le lyrique vainqueur,
Dans ce siècle eût été satirique et moqueur !
Les coursiers sont de front—aux diverses casaques,
Les jockeis, dans leurs flancs, impriment leurs attaques ;
Sous l'acier déchirant, leurs musculeux jarrets
Semblent des arcs tendus prêts à lancer leurs traits !
Ils partent entourés d'une épaisse poussière ;
Leurs naseaux écumants blanchissent la carrière.
On ne distingue plus, depuis le pavillon,
D'hommes et de chevaux qu'un lointain tourbillon !
Les guides les plus surs, que leur aplomb décèle,
Debout sur l'étrier, se courbent sur la selle.
Plusieurs, dès le départ, de beaucoup distancés,
Sans plus songer au prix, reviennent peu pressés !
Du sang d'un étalon, comptant sur la noblesse,
Un autre, au premier tour, modère sa vitesse :
Certain de l'animal, dont il connaît le fond,
Il espère franchir l'intervalle d'un bond ;

Puis, lorsque le premier de tous ses adversaires
Ne croit plus, pour lutter, ses efforts nécessaires,
Après avoir franchi l'accident du coteau,
Lorsqu'il croit arriver sans obstacle au poteau,
Son rival en retard, auquel on rend la rêne,
Hennit d'un noble orgueil et dévore l'arène ;
Capables de tenter de plus puissants essors,
Ses muscles semblent mus par de nouveaux ressorts ;
A ses flancs déchirés, la molette s'attache ;
Deux vigoureux genoux le serrent sans relâche ;
Ses pieds secs et nerveux ne touchent plus le sol ;
Il pourrait défier le milan dans son vol !
De ton illustre sang la fierté se rallume !
Qu'importe que ton mors se blanchisse d'écume ;
Il faut vaincre ou mourir ; ton rival, sans vigueur,
A peine te distance encor de sa longueur...
Allons, un dernier bond, une allure électrique,
Qui te rende l'objet d'un hourra frénétique !...
Il est vainqueur ! bravo ! Noble animal, salut !
Viens recevoir le prix qui t'attendait au but !

Je veux, sur tous les points, que ma satire exacte
Puisse décrire aussi les détails de l'entr'acte ;

Je veux examiner jusqu'aux soins empressés
Que vous faites donner aux lutteurs harassés.
De votre occulte sport, dévoilant le mystère,
Je suivrai l'entraîneur dans son saint ministère,
Pour savoir le secret de ces magiques eaux
Dont il oint du vainqueur les flancs et les naseaux ;
Je veux le voir ôter, de mon regard avide,
D'un coursier ruisselant et la selle et la bride ;
Je veux connaître à fond la suprême vertu
Du nouveau vêtement dont on l'a revêtu ;
Dans quel breuvage, enfin , sans cessel'on replonge
Avec un si grand soin l'insatiable éponge
Dont je vois exprimer le liquide vital
Dans le brûlant gosier d'un illustre cheval ;
Je veux voir, à travers le jour de vos clôtures,
Remettre sur leur dos de chaudes couvertures,
Et voir chausser, enfin, le fils de Royal-Oack
De bas de laine enduits de baume Opodeldoc !

Sportman, pour le retour, cherche, dans la mêlée,
D'impatients chevaux ta calèche attelée,
Puis à la queue attend que de tardifs élans
Te permettent enfin de presser tes Alzans :

Dans la cohue immense, et l'affreux pêle-mêle,
Il n'est plus de blason - chaque rang se nivèle ;
Ton gigantesque Braeck ne peut, avec dédain,
Dépasser le coupé du pauvre citadin.
Pour éviter le mal, au sein de ce vacarme,
Rien n'échappe au regard du vigilant Gendarme,
Et, dans un cas urgent, l'actif Municipal
Inscrit un numéro sur son procès-verbal.
Oh ! qu'il doit te tarder que l'immense cortège,
Atteigne promptement la place Fondaudége,
Où sur quelque balcon, ivre d'un fol amour,
Quelque grisette en chambre implore ton retour.
Ah ! vous n'avez pas, pour amoureuses lionnes,
Des Marquises toujours et de pâles Baronnes ;
Toutes ne portent pas leurs cheveux en anneaux,
Et n'ont pas à leurs chars de splendides panneaux ;
Plus d'une, j'en suis sûr, qui lorgne à la persienne,
Possède pour tout bien une robe d'indienne,
Magnifique cadeau, peut-être qu'un de vous
Lui fit en la quittant pour devenir époux.
Qu'importe ? dédaignant un riche patrimoine,
Elle cherche de l'œil cette rouge pivoine
Qu'à ta veste à carreaux, avec un air mutin,
Sa main blanche et petite attacha ce matin.

Mais vois, sur ton chemin tout le monde t'admire !
A ce peuple béant tu sers de point de mire !
Phaéton, conduisant les chevaux du soleil,
Dans son sublime orgueil n'était pas ton pareil !
C'est ici que ton groom, remplissant sa consigne,
D'un maître tel que toi ne doit pas être indigne :
Dût-il, les bras en croix et les reins fracturés,
S'incruster dans le bois des bancs peu rembourrés.
Chacun est libre enfin, et le Sergent de ville
Ne peut plus empêcher d'interrompre la file.
Les coursiers hennissants, auxquels on rend la main,
Sillonnent en tous sens la place Saint-Germain.
Pourquoi rentrer chez vous ?... La fête est incomplète !
Au club !... au club !... Le temps de changer de toilette !
Là, d'ailleurs, Paul Gaillard, votre maître d'hôtel,
A décanté pour vous le vin de Destournel !

Victor Laporte
Némésis en province : satires. 1846


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