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Historique de l’hôpital suburbain



 

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Hôpital des enfants. Conseil d’administration 1901



Documents publiés en juillet 1901 par le Conseil d’administration / Hôpital suburbain des enfants Le Bouscat, Caudéran.

Présidents d’honneur : S. E. Mgr LEGOT, cardinal-archevêque de Bordeaux. M. le général VARAIGNE, commandant en chef. M. DELCURROU, premier président à la Cour d’appel. M. BERNIQUET, préfet de la Gironde. M. DEZEIMERIS, correspondant de l’Institut, président du Conseil général. M. BRANET, secrétaire général de la Gironde. M. LÈVY, grand-rabbin. M. GADÈNE, président du Consistoire protestant. M. Raymond DUCOURNEAU, maire du Bouscat. M. TRIAT, maire de Bruges.
Conseillers d’honneur (professeurs à la faculté de Médecine. : M. ARNOZAN, M. DUPUY, M. FERRÉ, M. LEFOUR, M. MOUSSOUS, M. PIÉCHAUD,
M. ROUSSEAU-SAlNT-PHILIPPE, médecin de l’Hôpital des Enfants.

Projet de composition définitive du conseil d’administration


Président : M. le Dr  Édouard DELAYE, au Bouscat.
Vice-Présidents : M. PACAUD, avocat à la Cour d’appel. M. BERT, conseiller municipal du Bouscat. M. BÉNARH (Charles), officier de marine, commissaire général des fêtes.
Secrétaire général : M. le Dr FROMAGET.
Secrétaires adjoints : M. le Dr FRÈCHE, M. le Dr  Gaston LALANNE, du Bouscat,
Trésorier : M. TRIAT, maire de Bruges.
Trésorier adjoint : M. RENAUD.
Membres du Comité d’administration : M. GRUET (Charles), ancien député, délégué du conseil municipal de bordeaux. M. DORMOY (Albert), ingénieur, délégué du conseil municipal de bordeaux. M. DESBATS (Gabriel), conseiller de préfecture, délégué du préfet de la gironde. M. le Dr RÉGIS, chargé de cours à la faculté de médecine. M. BERLIN (Édouard), conseiller général de la gironde. M. le Dr BEGOUIN, fondateur. M. le Dr GACHAU, à Caudéran, fondateur. M. GHAUMET (Charles), à Caudéran, fondateur. M. MARTIAL, pharmacien, au Bouscat, fondateur. M. le Dr VIAUD, fondateur. M. Raymond DUCOURNEAU, maire du Bouscat, fondateur. M. MARTIN, médecin à Bruges, fondateur. M. BRUN, délégué du conseil municipal du Bouscat. M. VIDEAU, délégué du conseil municipal de Bruges. M. BETBEDER, maire et délégué du conseil municipal de Caudéran. M. PAILLÈRE (Gaston), négociant. M. AUBRIOT, négociant. M. PICARD, négociant. M. SEAUX (Gaston), négociant.
COMMISSION DES FINANCES : M. Charles GRUET, président ; M. PACAUD, M. Charles CHAUMET, M. PICARD, M. G. DESBATS, M. Gaston PAILLÈRE.

Suit un « Comité Des Dames Patronnesses », (55 noms), des « commissaires des fêtes » (57 noms). Au 30 novembre 1898, une liste importante de membres bienfaiteurs est citée.

Hôpital suburbain des Enfants. Source : Collection privée M. Francis FANCHON.

 

Extraits des statuts



Pour recueilir des fonds, un spectacle est organisé, le 7 juin 1901. Source : Gallica BNF

L’établissement, dit Hôpital suburbain des Enfants (Le Bouscat-Bruges-Caudéran), fondé en 1898, a pour but de faire fonctionner sur le territoire de la commune du Bouscat, près Bordeaux, au lieu dit Laffon-Féline, un hôpital où sont recueillis, soignés et opérés les enfants malades jusqu’à l’âge de quinze ans.
À raison de son voisinage avec l’hippodrome du Bouscat, distant de quelques mètres, l’hôpital comprend un service annexé lui permettant de recevoir, sous des conditions, débattues avec les Sociétés sportives intéressées, les malades bu blessés à l’occasion des courses, qui lui seraient adressés par la Direction de l’hippodrome.
L’Œuvre ne recevra pas les enfants que les médecins ou chirurgiens de l’établissement jugeraient atteints de maladies incurables ou de toute autre affection né pouvant être utilement traitée à l’hôpital.
Seront admis gratuitement, sauf défaut de place, les enfants des indigents habitant sur le territoire des communes du Bouscat, de Bruges et de Caudéran. Toute autre commune, association ou perso une pourra acquérir le droit d’hospitaliser un ou plusieurs enfants moyennant un prix à fixer avec l’Œuvre. Les autres enfants malades pourront être admis à l’hôpital moyennant une rétribution fixée par le règlement.

Les moyens d’action de l’établissement sont :
1° Un vaste emplacement acheté et payé comptant par les Membres fondateurs ;
2° Un premier pavillon entièrement édifié sur le dit emplacement ;
3° Le concours assuré gratuitement des spécialistes les plus distingués du corps médical bordelais.

L’établissement est administré par un Conseil composé de vingt-huit membres, nommés par les premiers fondateurs de l’Œuvre et renouvelés par le Conseil lui-même. Parmi les vingt-huit membres, devront figurer nécessairement :
1° Un membre du Conseil municipal de chacune des trois communes : le Bouscat, Bruges et Caudéran ;
2° Deux membres des corps élus de la ville de Bordeaux ;
3° Un délégué de M. le Préfet de la Gironde ou l’un de ses conseillers de préfecture ;
4° Un des présidents, trois directeurs ou administrateurs des Sociétés hippiques avec lesquelles aura traité l’hôpital. Les membres du Conseil sont nommés pour six ans et renouvelés, par tiers tous les deux ans, à partir de 1902 (1er juillet).

Le fonds de réserve comprend :
1° Deux terrains contigus de forme rectangulaire et d’une contenance totale de 7 718 mètres carrés. Ces deux terrains ont été payés : l’un, à raison de 11 000 francs, plus les frais, aux termes d’un acte reçu Me Chambarrière, notaire à Bordeaux, en date du 2 décembre 1898 ; l’autre ; à raison de 4 150 francs, plus les frais, aux termes d’un acte du même notaire, en date du 2 décembre 1899 ;
2° Une construction édifiée sur le dit terrain et formant le premier pavillon de l’hôpital, Cette construction est également entièrement payée ;
3° Diverses sommes déposées au crédit de l’Œuvre à la Trésorerie générale de la Gironde ;
4° Le produit des libéralités autorisées sans affectations spéciales ;
5° Le dixième au moins de l’excédent des ressources annuelles.



Assistance et traitement des enfants arriérés des écoles.

Hôpital suburbain des Enfants. Cette photo a certainement été prise depuis un des pylônes de la Station T.S.F. Source : Collection privée M. Francis FANCHON.


En janvier 1905, le corps médical de l’hôpital suburbain du Bouscat a eu l’idée de créer un service d’inspection et de consultations gratuites pour les enfants des écoles du Bouscat et des communes voisines à l’ouest de Bordeaux. Le but de cette création est de mettre au service de tous les enfants des écoles primaires, en particulier des anormaux physiques et intellectuels, les ressources des différentes spécialités médicales ou chirurgicales ; l’inspection sera faite dans les écoles mêmes par les médecins spécialistes, afin de rechercher avec les instituteurs et les institutrices les enfants qui ont besoin d’être traités ; les parents avertis pourront, s’ils le veulent, les conduire à la consultation où des soins spéciaux leur seront gratuitement donnés.
Nous ne saurions trop féliciter MM. les Dr. Régis, Édouard DELAYE et Jacquin, auxquels nous devons cette création nouvelle, ainsi que les spécialistes distingués qui leur ont prêté leur concours, MM. Fromaget, Dupond, Bégouin, L. Rocher, Frèche, Chaminade, Gaston LALANNE.
Source : Gallica BNF


Le 5 novembre 1906, a été inauguré, dans cet hôpital, un nouveau pavillon pour les enfants arriérés et mentalement anormaux. (Archives de médecine)



Informations 1907


En 1907, Bordeaux organise une exposition maritime internationale. Une liste de récompenses est publiée, et y figurent :

Économie sociale. Œuvres de bienfaisance. Médaille d’or :
Hôpital suburbain des Enfants, Le Bouscat.

Collaborateurs. Médailles d’argent :
Rochon (Mlle), Hôpital suburbain du Bouscat.



Informations 1913

Hôpital suburbain des Enfants. Source : Collection privée M. Francis FANCHON.


Hôpital suburbain des Enfants.

Fondée par le Dr  Édouard DELAYE, cette excellente et belle œuvre est entièrement due à l’initiative privée et a déjà rendu de grands services à la population suburbaine de Bordeaux et du département. Elle est rattachée à l’Assistance médicale gratuite du département de la Gironde dont le tarif est applicable aux autres départements qui désirent envoyer des enfants dans cet hôpital.

Il se compose d’un pavillon de 40 lits, placé sous la direction du docteur Paul CODET-BOISSE, ouvert aux enfants de familles pauvres atteints de maladies chirurgicales, et orthopédiques.

L’Hôpital suburbain possède aussi une consultation gratuite pour toutes les spécialités : yeux (Dr Fromaget et Ginestous) ; oreilles, nez et larynx (Dr Dupond) ; maladies dela peau (Dr Frèche) ; médecine générale (Dr  Édouard DELAYE) ; bactériologie (professeur Ferré) ; nourrissons (Dr Andérodias et Édouard DELAYE) ; maladies des femmes (Dr Andérodias), etc., etc.

Pavillon des Enfants anormaux. – Ce pavillon, annexé à l’œuvre depuis 1905, et qui n’a cessé de s’accroître depuis, est placé sous la direction du professeur Régis, avec le professeur agrégé René Cruchet comme médecin traitant. Il comprend 60 lits destinés à recevoir les enfants nerveux et les enfants arriérés ou retardés qui ne peuvent suivre la vie de famille ou le régime des écoles, et dont l’état, susceptible de perfectionnement, nécessite des soins d’hospitalisation tout particuliers.
Source : Gallica BNF



Ce qui suit contient différents extraits concernant l’hôpital suburbain des enfants, au Bouscat. On trouve également la copie d'un fascicule de 1980, racontant une brève historique. Les textes ne sont pas modifiés, excepté la mise en page.



Hôpital des enfants. Le Bouscat

 

Hôpital suburbain d'enfants à Bordeaux.

Le 11 octobre 1903 a eu lieu au Bouscat, près de Bordeaux, l'inauguration d'un hôpital d'enfants créé par les communes du Bouscat, de Bruges et de Caudéran. Cet établissement, qui ne comprend actuellement qu'un pavillon chirurgical de 26 lits, le Pavillon Édouard-Delaye, est dû à l'initiative privée. On espère que bientôt pourra être édifié le Pavillon médical. Cet hôpital suburbain est destiné à venir en aide aux enfants pauvres de la banlieue bordelaise.



EN HOMMAGE
• Au Docteur Édouard DELAYE, Fondateur de l’hôpital et de l’œuvre,
• Aux Médecins qui l’ont aidé,
• Et à ceux qui ont continué son œuvre,
• En particulier son fils Paul DELAYE et le Docteur PAPIN entré en 1925,
• Aux religieuses de ta Sainte Famille Branche Immaculée Conception qui, dés 1904 ont dirigé l’hôpital et sont demeurées au service des enfants jusqu’en 1974,
• Aux aumôniers qui, à partir de 1922 y ont assuré Le service de la vie spirituelle.

Père André FOUILLEUL
Aumônier
Janvier 1980

 

Historique - Fascicule


Le 18 février 1900 le cœur du docteur Édouard DELAYE était plein d’espérance, car ce jour-là fut posée la première pierre de l’Hôpital au cours d’une cérémonie présidée par M. BERNIQUET, préfet de la Gironde.

Mais, trois ans après, le 11 octobre 1903, le cœur du docteur bondissait de joie, puisque ce jour-là, avait lieu l’inauguration officielle et solennelle de l’Hôpital Suburbain des Enfants, présidée par M. BRANET Secrétaire Général de la Préfecture.

C’était un dimanche, par un temps délicieux(1) sous un superbe vélum monté devant la porte du « Pavillon Edouard DELAYE » étaient réunis les Membres Fondateurs de l’œuvre : Le Dr. Édouard DELAYE Président, MM. BENARD et REGIS, vice-présidents, FROMAGET Secrétaire Général, MM. Gaston LALANNE, FRECHE, RENAUD, AUBRIOT, TRIAT, PAILLERE, MARTIN, PICARD, BEGOUIN et GRUET.

Parmi les personnalités on y remarquait : MM. CHAUMET et DORMOY, députés de Bordeaux, le Commandant représentant le Général en Chef du 18ᵉ Corps d'Armée.

(1) Compte rendu de La cérémonie de l’inauguration sous la Présidence du Préfet le 11 octobre 1903

Le Docteur de NABIAS, doyen de la Faculté de Médecine MM. MAROT Conseiller Général, MIQUEAU Maire d'Eysines, VIDEAU Maire de Bruges, et ADOUR Maire de Caudéran. Le Professeur ARNOZAN et les Docteurs Étienne GINESTOUS, CLAOUE SENGENSSE, ETCHEBARNE et QUINTERIE représentaient le corps médical de Bordeaux. On remarquait également de nombreuses dames, en particulier les Dames Patronnesses qui avaient tant aidé le Docteur Édouard DELAYE à réaliser son projet par l'organisation de fêtes bals et kermesses : Mesdames Charles GRUET leur présidente ; Mmes PICARD, BLANCHARD, AUBRIOT, BENARD, FROMAGET, PAILLERE, BENEDIT et DELAGE.

La fanfare du Bouscat prêtait son gracieux concours. A 10 h 30 M. Le Secrétaire Général ouvre la séance. Premier à prendre la parole, le Président Fondateur remercie(2) les personnalités présentes et ceux qui dès 1898 l'avaient aidé à fonder cette œuvre de l'Hôpital Suburbain des Enfants. Déclarée le 24 octobre 1901, elle était insérée au Journal Officiel du 29 octobre.

« C’est à une véritable inauguration que nous vous avons conviés », leur déclarait-il.

Tout est prêt à fonctionner ; et il vous sera facile de voir en examinant chaque service, que nous n'avons rien négligé pour en faire un établissement modèle. Les règles les plus minutieuses de l'hygiène et de la science ont été respectées. »

« Quant au personnel, son mérite n’aura d’égal que le dévouement avec lequel ces petits êtres qu’on nous confiera seront traités. »

Après lui, le Dr. FROMAGER, Secrétaire Général de l’Œuvre, rappela devant tous « que cette œuvre est le résultat de l'initiative individuelle, ce qui en fait la grandeur et la beauté c’est qu’elle est née d’un sentiment de charité et dévouement. »

(2) Discours des Drs. Édouard DELAYE et FROMAGET, plaquette de la cérémonie d’inauguration.



 

- LA FONDATION -

En réalité, pour en connaître le point de départ, il faut se reporter à un Rapport présenté par le Dr. Édouard DELAYE lui-même a IIIème Congrès National d’Assistance Publique et de Bienfaisance privée, qui se tint a Bordeaux du 1er au 7 juin 1903 (3)

« Il y a bientôt 5 ans, y dit-il, que je recevais d'un père de famille, dont l'enfant venait d’échapper à la diphtérie grâce aux injections de ROUX, une somme de 500 Frs destinée à une œuvre de bienfaisance nationale. Le résultat de mes réflexions m’amena à concevoir la création d’un hôpital pour les enfants de communes suburbaines que Bordeaux ne pouvait souvent recevoir rue de Bayonne (cours de l'Argonne actuel) faute de place. « Je résolus donc, après en avoir conféré avec plusieurs de mes confrères, d’entreprendre la fondation d’une œuvre exclusivement consacrée aux enfants indigents. »

(3) De la nécessité des Hôpitaux Suburbains (IIIème Congrès National d'Assistance Publique juin 1903)

Je commençais à grouper autour de moi les diverses personnalités, dont le concours me parut indispensable pour mener à bien mon entreprise".

En juillet 1898 une association fut formée. Né en 1855 à Libourne le Dr. Édouard DELAYE avait donc à l'époque 43 ans ; il s’était installé après trois années d’internat à Picon, au Bouscat, rue Paul Bert depuis 1884(4) Les statuts de l’Œuvre de l'Hôpital Suburbain des Enfants du Bouscat, furent signés en fin de la même année 1898. Le but y est précisé en ces termes : « soigner les enfants des indigents habitant plus particulièrement sur les communes du Bouscat, Bruges et Caudéran, au tarif de l'Assistance Médicale gratuite. »

Il faut, en effet, dégager les hôpitaux des grandes villes. « À Bordeaux, certes, on hospitalise les enfants dans un édifice superbe, mais il n'est pas possible d’y admettre tous les enfants ». Or, continue le Docteur, à l’heure où chez nous la natalité diminue par rapport à celle des autres pays, où le problème de dépopulation se pose chaque jour plus angoissant, notre préoccupation première doit veiller sur les enfants, pour les conserver ».

Par ce même rapport, on connaît les ressources financières qui vinrent très vite compléter le premier don de 500 Frs du père de l’enfant guéri de la diphtérie.

(4) marié en 1885, il aura 3 enfants dont deux sont encore vivants : Henriette qui habite rue P. Bert Roger devenu Amiral et qui a beaucoup aidé Le Président de Luze pour bien des démarches officielles à Paris; Paul qui, Médecin ,succédera à son Père, il est décédé en 1979.

 



« Dans moins d’un mois et sur la seule commune du Bouscat, j'ai recueilli plus de 35 000 Frs de souscriptions ».

Les Conseils Municipaux des trois communes intéressées ont eux-mêmes voté des subventions très importantes. De nombreuses souscriptions privées contiennent également l’engagement de payer chaque année une certaine somme.

De leur côté, le Sénateur DECRAIS et les Députés CAZEAUX-CAZALET, CAZAUVIELH et surtout CHAUMET n’ont pas ménagé leurs instantes démarches auprès des autorités compétentes.

Dès 1901, le Conseil Général de la Gironde a voté une Allocation, à titre d’encouragement, et en avril 1903 il a rattaché l’Œuvre à l'Assistance du Département. l’État lui-même a montré sa haute sympathie et son désir de voir prospérer l’Œuvre : les Ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur allouaient en 1903 une somme importante prélevée sur les fonds du pari Mutuel. « Grâce à nos avocats éminents les Députés CHAUMET et DORMOY, nous avons eu le bonheur d’obtenir cette année une somme de 65 000 Frs pour terminer les travaux.(5) »

« Grâce aux sommes considérables de la générosité publique l’Œuvre a pu acheter un terrain de 12 800 m2 et le payer comptant, au lieu dit LAFON FELINE emplacement qui réalise des conditions extrêmement avantageuses pour l'hygiène et la salubrité. »

(5) Discours de M. FROMAGET, lors de l’inauguration.



Les plans de l’établissement ont été établis par l’Architecte Ernest MINVIELLE, qui a donné gratuitement son temps et son talent. Ils comprennent 2 Pavillons

L'hôpital suburbain vers 1900.

1°) Au centre, un pavillon de chirurgie divisé en deux salles, l'une de 12 lits pour les garçons, l'autre, de 12 lits également pour les filles.

Le Conseil d’Administration désirant perpétuer la générosité des donateurs, a décidé de donner à la salle des garçons le nom de salle Louis CREMIERE, pour rendre hommage à l’homme vénérable qui fut l’un des premiers fondateurs de l’Œuvre.

La première pierre avait été posée par M. BERNIQUET Préfet la Gironde le 18 février 1900. C’est ce pavillon qui porte le nom du Dr. Édouard DELAYE, qu'on inaugure ce 11 octobre 1903. On y voit une salle d’opération, dont l’orientation l’éclairage et les dimensions répondent aux règles de l'hygiène moderne : puis une chambre d’isolement, un réfectoire, une salle de bains, une petite cuisine.

2°) Un pavillon d’administration élevé sur une cave, divisée en neuf compartiments, qui, à cette époque n’est pas terminé.

 

LES RELIGIEUSES

Dès le début de son activité, l’hôpital, grâce à son Président, a obtenu le concours bienveillant et compétent de Religieuses, dont le nom de l’Institut n’a pas été retenu. Mais au moment de la sécularisation exigée par la loi de séparation de l’Église et de l’État, ces religieuses n’ont pas voulu quitter leur costume et elles ont très vite émigré, probablement en Angleterre.

Dès le 4 avril 1904, en effet, c’est la Mère Ste Ursule qui prend la direction de l’hôpital avec les religieuses de la Sainte Famille, branche Immaculée Conception. Elle servira ainsi pendant 30 longues années, puisqu’elle ne prendra sa retraite que le 15 août 1934. Elle mourra à l’hôpital même le 24 mars 1938.
C’est Mère Saint Sulpice qui lui succède ; et cela jusqu’en février 1940 ; le tableau ci-joint en annexe montre que la Sainte Famille ne quittera la direction de l'Hôpital qu’après le départ des enfants en 1974 à Blanquefort avec leurs éducateurs spécialisés.

Très vite, en effet, avait été créé un Pavillon Médico-Pédagogique que dirigeaient le Professeur VERGER et le Dr. CLARAC. Ce service recevait des enfants déficients, mais rééducables : il fut reconnu officiellement et désigné sous le nom d’Institut Médico-pédagogique et fut le premier à être fondé en France.
Sœur Marguerite Marie fut l’âme de ce service. Et longtemps après leur départ, les anciens revenaient la voir ; quelques-uns pendant qu’ils faisaient leur service militaire. Elle a d’ailleurs été décorée de l’Ordre de la Santé, en même temps que les Docteurs PAPIN et Édouard DELAYE.

Ce pavillon a été détruit en 1974, après le départ de l'I.M.P., une clinique a été construite sur cet emplacement depuis lors, avec tous les aménagements modernes, tant pour la salle de Radio, les deux salles d’opérations, et les chambres d'un total de 45 lits.

LES MÉDECINS

L’établissement comprenait aussi :
- Un service de Médecine que dirigeait le Dr. Paul DELAYE, fils du Fondateur,
- Un service de Chirurgie dirigé par le Dr. PAPIN spécialisé dans l'orthopédie. On y accueillait et traitait beaucoup d’enfants atteints de tuberculose osseuse, cette forme de tuberculose n’étant pas contagieuse.

Très vite, aussi en raison de la proximité de l’hippodrome du Bouscat, on avait organisé un service-annexe, permettant de recevoir les malades ou les blessés à l'occasion des courses de chevaux.

Ces deux médecins étaient toujours disponibles et ils avaient très bonne renommée. La renommée du Dr. PAPIN s'étendit assez loin. On cite par exemple le cas d’une famille de Tunis qui lui confia sa fillette. Leur médecin ayant assisté à un congrès au cours duquel le Dr. PAPIN avait traité de ce mal, leur avait conseillé de venir jusqu’au Bouscat. Autre exemple : à un moment donné il y eut 14 enfants du département de la Marne. Tout simplement parce que l’Assistante Sociale de la Préfecture de Chalons était venue y accompagner un enfant, avait visité l’Hôpital et avait été conquise par le travail qu’y faisait le Dr. PAPIN(6)

(6)J'ai eu le privilège, en 1939, d’assister a 2 opérations effectuées par le Dr. PAPIN et j’ai pu admirer son travail et son attachement aux enfants.



Ces deux médecins eurent pour auxiliaire sœur Marie Alphonse, infirmière Diplômée, responsable des services de médecine et de chirurgie.

Arrivée à l’Hôpital en 1911, elle rayonna dans tout le quartier à tel point qu’à la demande des habitants elle fut décorée de la Légion d’Honneur par le Préfet de Bordeaux le 12 avril 1953.
Elle aussi mourut à l’hôpital en avril 1959.

Dans le discours qu’il prononça, au soir de l’inauguration officielle de la nouvelle clinique le 6 février 1977, le sénateur Max MONICHON, maire du Bouscat, en rappela, encore tout ému, l’auguste mémoire.

Au début de la fondation, les pavillons portaient le nom d’un fondateur ou d'un bienfaiteur. Ainsi, le premier pavillon inauguré en 1904 portait le nom d’ Édouard DELAYE. Plus tard, le pavillon des enfants déficients s’appelait « Pavillon CHAUMET » celui de la lingerie occupé maintenant en façade par l’Aumônier : « Pavillon de LUZE ».

On note, en effet, que le 1er janvier 1904, M. et Mme de LUZE perdirent un enfant de 8 ans. Ils vinrent aussitôt apporter les jouets de cet enfant aux enfants de l’hôpital et ils s’y attachèrent fermement, au point que M. de LUZE fut nommé membre du Conseil d'Administration dès février 1905 et élu président en 1918 fonction qu’il assuma jusqu’à son décès en 1944.

D’autre part, un rapport du Dr. CHARON, Administrateur Délégué, devant l’Assemblée Générale du 20 mars 1944 rend un vibrant hommage à l’économe de l’Établissement, sœur Marie de Saint-Pierre.

A cette date, c’est Francis de LUZE, fils d’Alfred, qui est Président et Herman CRUSE Secrétaire Général.

L’Œuvre fut enfin reconnue d’Utilité Publique par décret du 11 avril 1923, d'après les statuts adoptés en Assemblée Générale le 27 avril 1921.

L’Association possède alors un hôpital situé sur un terrain de 12 800 m2 et comprenant :
. 2 sections d’enfants malades à savoir
- Une clinique médico-pédagogique,
- Une clinique orthopédique et chirurgicale,

Elle organise des conférences sur les méthodes nouvelles de psychothérapie et sur leurs résultats ; des conférences et des cours pratiqués aux élèves infirmières de la Croix Rouge.

Ce n'est qu’en 1947 que la Sécurité Sociale donna son agrément pour recevoir des adultes, mais en nombre restreint.

 

LES AUMONIERS

Les archives Diocésaines ne contiennent aucun nom d’Aumônier avant 1922.

Et curieusement, cette année-là, celui qu’on peut appeler le premier aumônier porte le nom de DELAYE Arnaud. Quand on sait qu’il était le cousin germain d’Édouard… tout s’explique. Il est né en 1853 à Saint-André-De-Cubzac au Port de Plagne, et il a été ordonné Prêtre en 1876.

D'abord Vicaire à Castillon La Bataille il est ensuite Vicaire à Pessac en 1880 et en 1883 il est nommé Vicaire à Saint-Bruno d’où il part pour la Cure de Saint-Jean-D'Illac en 1891. Il y demeure jusqu'en 1901, date à laquelle il devient Aumônier des Petites Sœurs des Pauvres, rue Judaïque. Il faut croire qu’il y fut apprécié puisqu’il assuma cette fonction pendant 21 ans, c'est-à-dire jusqu’à sa nomination à l’Hôpital Suburbain en 1922 où il prend une semi-retraite au service des Religieuses et des enfants. Depuis quelques années précisément il avait demandé au Docteur Édouard de le prendre à l'Hôpital ; ce fut le Dr. Paul, qui l’y accueilli(7) il y meurt le 18 novembre 1930 : il avait donc 77 ans. Il est inhumé au cimetière de la Chartreuse dans le caveau de la famille LIGER.

On trouvera, sur une feuille à part, la liste de ses Successeurs.

La Chapelle ne parait pas avoir été comprise parmi les premiers bâtiments : ce qui peut expliquer qu’il n’y eut pas d’Aumônier tout de suite.

Les Religieuses allaient aux offices de la Chapelle de Ste-Germaine à Bruges. Elles avaient aménagé un petit oratoire dans le pavillon administratif qui conserve la cloche.

(7) Il y a encore actuellement à St-André-De-Cubzac une famille DELAYE dont Le fils ainé entré à L'Abbaye N.D.. de Belloc à Urt, vient d’y prononcer ses premiers vœux (témoignage recueilli auprès de Melle H. DELAYE.



Sans doute pourrait-on déduire des Archives que la première Chapelle fut aménagée vers 1922. De toutes façons, on connaît la date de son agrandissement et on peut parler des fêtes qui en marquèrent l'achèvement : la première Messe y fut célébrée le 25 décembre de cette année-là. Et le 7 janvier 1950, c'est Mgr DESMAZIERES, Évêque Auxiliaire de Bordeaux qui fut délégué par Mgr RICHAUD pour venir bénir la nouvelle Chapelle en présence des Membres du Conseil d’Administration qui avaient décidé cet agrandissement, et des Médecins attachés à l’Établissement, dont entre autres les Drs Paul DELAYE, Édouard PAPIN (décédé en 1971) Max TANDONNET, radiologue, (décédé en 1978) Edgard CAZENAVE dermatologue, Roger BEAUSOLEIL O.R.L., Roland LOT Dentiste.

Par ailleurs, au moment de clore cet opuscule, on ne saurait oublier les services rendus aux enfants par les Docteurs :
- Henri TERRAL entré en 1955 et encore en exercice,
- Auguste PETRIAT entré en 1957 et encore en exercice,
- Jean DABADIE entré en 1959 parti à la retraite en 1979.

En juillet 1974, les Enfants de l’Institut Médico-Pédagogique furent transférés avec leurs éducateurs à Blanquefort dans le Château TUJEAN et l'Hôpital des Enfants devint dès lors simplement Hôpital Suburbain du Bouscat.

Peu après, en août 1975, les Religieuses elles-mêmes, dont la Communauté était réduite à 6 membres, se virent contraintes à quitter l’Hôpital.
Avec ce double départ se termine donc L’HISTOIRE DE L’HÔPITAL DES ENFANTS

Père André FOUILLEUL
Aumônier de l'Hôpital Suburbain
depuis septembre 1975

Le Docteur Édouard DELAYE est décédé le 8 Juin 1918 au Bouscat. Il a été inhumé à AMBARES dans le caveau de sa femme décédée avant Lui.

Une stèle a été élevée à la mémoire devant le Pavillon qui portait jadis son nom. Elle a été inaugurée, en présence de ses enfants et de sa famille, lors d'une cérémonie qui eut lieu le 9 novembre 1931, présidée par le Préfet de la Gironde, qu'entouraient MM. MIQUEAU Conseiller Général et LEGLISE Député. Le Dr. BEGOUIN ami des premiers jours, y prononça un discours fort remarqué.

 

LES SUPÉRIEURES ET QUELQUES RELIGIEUSES

Mère Sainte-Ursule
(Marie LEFEBVRE)
Directrice du 4 avril 1904 au 15 août 1934Décédée à l’hôpital le 24 mars 1938
Mère Ste-Sulpice
(Françoise CHANET)
Supérieure du 31 août 1934 au 1er févier 1940 
Mère St-Yves
(Anaïs AURICONAC)
Supérieure du 29 avril 1940 à juillet 1952 
Mère Thérèse du Sacré-Cœur
(Germaine LOYAUX)
Supérieure du 5 août 1952 au 10 octobre 1958 
Mère Marie-Auxiliatrice
(Céline 8ROUSSE)
Supérieure du 13 octobre 1958 à septembre 1963 
Mère Marie-Cécile
(Juliette RACT)
Supérieure du 30 septembre 1963 à octobre 1970 
Sœur Marie-Régis
(Almaïde FAYRET)
Infirmière du 11 février 1904 au 13 septembre 1937 
Sœur Marie-Alphonse
(Madeleine DARIEUTORT)
Infirmière-chef en chirurgie, de juillet 1911 à avril 1959Décorée de ta Légion d’Honneur par Le Préfet Le 12 avril 1953
Sœur Marguerite-Marie
(YENHVIEUX)
Chef du Pavillon médico-pédagogique en 1952 
Sœur Saint-Symphorien
(BERNIARD)
Directrice de la section des arriérés 
Sœur Marie MECHTILDE
(Marie Reine LEBONVALLET)
Économe de 1941 à 1974 (départ à la retraite) 

 

AUMONIERS

1922
Arnaud DELAYE
Né à St-André-de-Cubzac, au Port de Plagne, le 20 avril 1853, ordonné pretre en 1876. Il est aumônier des Petites Sœurs des Pauvres depuis 1901 quand en 1922 il est nommé, sur sa demande, aumônier de l’Hôpital des Enfants. Il est décédé à l’hôpital le 18 novembre 1930 à 77 ans et inhumé à ta Chartreuse
1931
Henri DELPECH
Né en 1873, à Ste-Foy-La-Grande ordonné en 1898, professeur à Montesquieu en 1925, retraité en 1929, il est nommé aumônier de l’Hôpital en 1931. Il est nommé aumônier de l’orphelinat de Fontaudin en 1937 ou il est décédé Le 8 février 1948 à 75 ans.
1937
Marcel CAILLON
Né en 1906, missionnaire du Travail en 1938, ordonné en 1931, aumônier de l’hôpital en 1937
1939
Jean GUILLAUMET
Né en 1910, Ordonné en 1936, décédé le 14 juillet 1940 à 32 ans
1940
Roger POTIER
Né en 1906, ordonné en 1933, parti aumônier du Lycée Montesquieu
1943
Hemi RUFFY
Né en 1879, ordonné en 1941, parti vicaire à St-Ferdinand de Bordeaux
1946
Jean TOUTON
Né en 1892, ordonné en 1916, parti aumônier du cours St-André en 1948, décédé le 1er octobre 1977, aumônier des dames du Calvaire
1948
Etienne LALOT
Né en 1886, ordonné en 1908, parti curé Sainte-Croix-du-Mont, décédé à Fontaudrin Le 6 août 1975
1949
Henri BAEYENS
Né en 1904, ordonné en 1930, parti curé de Bassens, décédé Le 9 mai 1972 à 68 ans
1951
Marie-André LOUHAUR
Né en 1884, ordonné en 1909 parti à Fontaudin en 1961, décédé le 24 juin 1968
1961
Eugène BARRERE
Né en 1896, ordonné en 1928, décédé à L’hôpital le 24 novembre 1970
1971
Raymond DUFOUR
Né en 1905, ordonné en 1931, décédé à L’hôpital le 7 novembre 1973
1973
Pierre Denis MEJEAN
Né en 1921 C. S.Cp. Ordonné en 1947, nommé aumônier du Foyer de L'Enfant à Caudéran
1974
Pierre BOS
né en 1922, ordonné en 1950, parti à L’Équipe de Caudéran en 1975 et nommé curé de Saint-Nicolas en 1976

En 1900 L’Église vivait encore sous le Concordat. Voici donc les dispositions d'alors :
- Curé de 1ère classe : Notre Dame de Bordeaux.
- Curé de 2ème classe : Saint-Seurin, Caudéran.
- Succursales de Caudéran Saint-Ferdinand, Le Bouscat.

 

MEMBRES FONDATEURS

Pr. BEGOUIN P.BELLIN M. CABRIT J.
CHAUMET C.CREM1ERE L.CRUZE H.
Pr.DUPUY FOUCHE E.GUIRAUDEAU de MAYENCE
LATOUR A.Mme de LUZE AMme CRUZE H.
Les enfants LEVEILLY C.Melle ETCHUBARNEF. MASSART
Les enfants TURREL J.MAUVIGNEVMme SEGUIN
Pr. REGIS F.Marquise de CAMPUZANOAssociation des Dames Patronnesses
Conseil Général de La GirondeCommunes du Bouscat, Caudéran, BrugesSociété de Secours Mutuels et Souscripteurs du Vigean

 

PERSONNEL MÉDICAL ET CHIRURGICAL

Dr. Édouard DELAYEPr. BEGOUIN PREGIS E
CRUCHET R.ANDERODIASFERRE
VERGER P.Dr. FROMAGETVIAUD
Gaston LALANNEDUPONDRECHE
Étienne GINESTOUSCLAOUE Paul CODET-BOISSE
CHAMINADEJACQUINCACHAU
MARTINQUINTRIEROCAZ
PLAZIATSENGENSSENANCE-PENARD
LAMACQDELMASPAPIN E.
Paul DELAYEBONNARDPIECHAUD
CAZENAVE E.CLAVELBEAUSOLEIL R.
CLARACTANDONNE M.MOREAU N
Les noms soulignés renvoient à des informations complémentaires.

 

Pharmaciens

MARTIAL JDE LABONNEFON LARTIGAUD
MARTIAL P  

 

Chirurgiens Dentistes

BARILLEBLANCROUEDE
LOT Roland  


Transcription de la plaque apposée sur Le bâtiment administratif en 1959.



Archives (extraits)

Nous avons annoncé en son temps l'ouverture d'un hôpital suburbain d'enfants au Bouscat (banlieue de Bordeaux). Le 5 novembre 1906, a été inauguré, dans cet hôpital, un nouveau pavillon pour les enfants arriérés et mentalement anormaux.

Peu à peu, cet hôpital, dû à la généreuse initiative du Dr DELAYE, complète ses services, et il faut souhaiter qu'il se développe encore, pour le plus grand bien de la population indigente des campagnes bordelaises.



Demande de création de bourses

Au cours de votre session d'avril 1907, vous avez exprimé à l’Œuvre de l'hôpital suburbain des Enfants du Bouscat, tous vos regrets de ce que la situation financière du département ne vous permît pas d'accueillir favorablement sa demande tendant à obtenir la création de deux bourses départementales de 500 francs. Le président de cette Œuvre est revenu à la charge. Vous trouverez ci-dessous le texte de la nouvelle demande qu'il m'a adressée lé 20 juillet dernier. Je vous communiquerai, en outre, au cours de votre session de septembre, la brochure qui relate dans tous ses détails la visite faite à l'Hôpital suburbain, au mois de mars dernier, par M. Mirman, directeur de l'Assistance et de l'Hygiène publiques au ministère de l'Intérieur.

Ainsi que je vous l'ai déjà signalé, cette Œuvre rend les services les plus appréciables. Je serais donc heureux que vous puissiez accueillir sa requête. Je n'ai pas eu la possibilité, quant à moi, d'en tenir compte lors de l'établissement de mon projet de budget de 1909.

« Monsieur le Préfet,

J'ai l'honneur de vous adresser un exemplaire du compte rendu, de la visite de M. Mirman, délégué de M. le Président du Conseil des ministres, au pavillon des anormaux de l'Hôpital suburbain des Enfants.
Veuillez me permettre d'attirer tout spécialement votre attention sur le passage de ce compte rendu où il est question de bourses attribuées par la ville de Bordeaux à notre section d'arriérés et.de notre espérance de voir le Conseil général imiter l'exemple de la municipalité bordelaise.
Renouvelant ma requête de l'an passé, j'adresse à M. le Président du Conseil général ma demande de deux ou trois bourses de 500 francs.
Connaissant tout l'intérêt que vous portez à cette Œuvre, car vous avez pu en apprécier l'utilité et les bons résultats.
Je viens vous prier très instamment, M. le Préfet, de vouloir bien appuyer de votre haute autorité ma demande auprès de l'assemblée départementale.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes sentiments les plus dévoués. »

Le Président de l’Œuvre,
Dr Édouard DELAYE.

Réponse Séance du 9 septembre 1908


Messieurs, vous êtes saisis d'une demande de création de bourses à l'hôpital suburbain du Bouscat.

A la session d'avril dernier vous n'avez pu, par suite de la situation financière du département, accueillir favorablement cette demande.

Et dans son rapport actuel, M. le Préfet déclare qu'il n'a pas eu la possibilité de tenir compte de cette demande dans l'établissement de son projet de budget de 1909.

Malgré tout l'intérêt qui s'attache à l'oeuvre de l'Hôpital suburbain du Bouscat, votre Commission vous propose d'ajourner cette demande.
(refus)



Annuaire du tout Sud-Ouest 1909

 

Hôpital suburbain des Enfants. Le Bouscat-Bordeaux.

Fondé par M. le Dr Édouard DELAYE dans le but de venir en aide aux enfants malades ou rachitiques des familles pauvres. (Maladies chirurgicales et orthopédiques.)
Conseil d'administration. - Président: Dr Delaye, au Bouscat; vice-présidents : D' Régis, professeur adjoint à la Faculté de médecine ; Bénard, 24 bis, rue du Temple ; Picard, 267, route du Médoc; secrétaire-général : Dr Fromaget, rue de Sèze, 2 ; secrétaires adjoints : Dr Frèche, cours de Tourny, 42 ; Dr Gaston LALANNE, au Bouscat; trésorier: Triat, ancien maire de Bruges; trésorier adjoint : Tabuteau, à la Trésorerie générale.

Cette excellente et belle œuvre, entièrement due à l'initiative privée, a déjà rendu de grands services à la population suburbaine de Bordeaux et du département.

Assistance et traitement des enfants arriérés des écoles.

Elle a, entre autres, créé depuis 1905 une inspection et une consultation gratuite pour les enfants arriérés des écoles du Bouscat et de la banlieue ouest de Bordeaux, ainsi qu'un pavillon spécial pour le traitement médico-pédagogique des anormaux psychiques.

Ces enfants reçoivent dans ce pavillon, en voie constante d'accroissement, tous les soins hygiéniques, médicaux et éducatifs que comporte leur état.
L’Hôpital suburbain possède aussi des services parfaitement organisés de chirurgie infantile et d’orthopédie, ainsi qu'une consultation gratuite pour toutes les spécialités, médicale set chirurgicales.

Hôpital suburbain des Enfants. Source : Collection privée M. Francis FANCHON.


Sur une carte postale, tampon postal « Association des dames françaises - Hôpital auxilliaire 213 - Le Bouscat ». Source : archives personnelles Jean-Claude Bertreau

Durant la guerre 1914-1918, de nombreux hôpitaux auxilliaires sont installés dans la région (18éme Région Militaire). Au Bouscat, l'Hôpital suburbain des enfants devient partiellement l'hôpital auxiliaire n°213.

Autres infos : Hôpitaux auxilliaires 1914-1918.

Toutefois, cet hôpital auxilliaire fût prévu bien avant la première guerre mondiale 1914-1918.
En 1909, L'association Des Dames Françaises publie un article :
Hôpital auxiliaire. — Le Comité est heureux d'informer ses adhérents que le superbe hôpital suburbain des enfants et ses dépendances, situé au Bouscat, prés Bordeaux, sera, en cas de mobilisation, mis gratuitement à sa disposition pour y installer un hôpital militaire de quarante lits.
M. le général Plazanet, délégué régional du 18e corps d'armée, va s'occuper d'activer le classement de ce nouvel établissement et le faire agréer par le service de santé militaire.
Le Comité prie les membres du Conseil d'administration du précieux hôpital et son distingué président, le Dr Delaye, de vouloir bien accepter ses plus chaleureux remerciements pour leur offre généreuse.
Grâce à l'activité inlassable de nos dames patronnesses, notre œuvre grandit lentement, mais sûrement. Cependant, quoique nous possédions d'importants locaux pour hospitaliser les blessés, elle est bien loin d'égaler les institutions similaires créées dans les pays étrangers et surtout en Allemagne, où l'on est bien pénétré de cette vérité qu'il n'y aura de réellement utile, en cas de guerre, que les organisations patiemment préparées en temps de paix...



Service des Enfants Anormaux

Hôpital suburbain des Enfants. Source : Collection privée M. Francis FANCHON.

Mme LEGRAND-FALCO, Secrétaire générale adjointe du Conseil national des femmes françaises publie un rapport (extraits) en 1926 :

... Elle nous fait tenir de très intéressants renseignements sur la façon dont fonctionne le Service des Enfants Anormaux à l'hôpital du Bouscat :
« Adapté aux meilleures règles de l'hygiène moderne, il comprend soixante lits dispersés dans de vastes dortoirs. Deux grandes salles à manger, des salles d'isolement et des salles de bains, des salles d'étude avec un mobilier s'adaptant à toutes les tailles, enfin un établissement modèle. »

La vie en plein air sur le coteau largement aéré du Bouscat, est du meilleur effet sur ces petits êtres. Il en résulte, que le cinquième environ des enfants suivis à la clinique, peut recouvrer une activité sociale complète.

Hôpital suburbain des Enfants. Source : Collection privée M. Francis FANCHON.



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Les origines du Bouscat et de la région.
Changements survenus dans l'état de l'église Saint-Seurin
Au fil du temps. Partie 1
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Le viographe
Personnages du Bouscat
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Historique de l’hôpital suburbain des enfants au Bouscat
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Travaux 1987 rues Ausone et Lanet
Les ruisseaux Limancet et Climenet
Église Sainte-Clotilde
Les arènes du Bouscat
Une autre époque (1892)
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