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Le bataillon Gernika



 

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- Les arènes pendant la guerre
- crash en 1944
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Voici une page d'histoire de la seconde guerre mondiale.
Des Basques rejoignent les FFI. Cette page est la traduction intégrale de cette page originale www.fightingbasques.net, traduite grâce au traducteur DeepL translator.
Un grand merci au secrétaire Guillermo Tabernilla de ce site qui a donné l'autorisation de publier textes et photos.


Le bataillon Gernika et la caserne du Bouscat

Le bataillon Gernika et la caserne du Bouscat (janvier 1945)

Projet de cantonnement. Camp Ausone. Daté du 10/02/1941. Copie du plan de la caserne donnée à Sancho de Beurko par Jon Ander Prieto.

À la fin de l'automne 1944, à Sauveterre de Béarn, les membres de l'UNE (Union nationale espagnole, d'obédience communiste) et de la Brigade basque de Kepa Ordoki se séparent et décident de se rendre à Bordeaux pour rejoindre les FFI (Forces françaises de l'intérieur, en cours de militarisation par l'armée française). De cette façon, la vieille prétention du gouvernement de José Antonio Aguirre de créer une unité militaire basque belligérante contre le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale s'est réalisée. Les Basques s'installent dans une caserne allemande de la petite ville du Bouscat, dans la banlieue de Bordeaux. Il s'agissait d'un complexe dont le projet datait du 10/2/1941 et qui était construit sur un terrain délimité par les routes Ausone, Lanet et Lavoir (dont seule la première subsiste aujourd'hui, transformée en avenue à double sens) où se trouvait un terrain de football, piscine (1) et tout le luxe du confort autour d'une cour centrale octogonale flanquée de deux bâtiments à deux étages, l'un pour les cuisines et l'autre pour la cantine des officiers et sous-officiers, tandis que les troupes étaient logées dans 11 baraques en bois avec 30 couchettes. Il était destiné exclusivement au logement du bataillon Gernika, tandis que les anarchistes des bataillons Libertad ou Santos étaient logés dans un château voisin, ce qui semblait répondre au désir de faire un ranch séparé, malgré le fait qu'il y avait assez de place pour tout le monde dans la caserne. Dans le documentaire de José María Tuduri sur le bataillon de Gernika (1996), on peut voir l'emplacement original de cette caserne de la main de trois gudaris de l'unité : Deunoro Totorika, Loren Burgoa et Andrés Prieto Arana.

Plan simple du cantonnement entre les rues Ausone (avenue Ausone), du Lavoir (rue Henri Grossard), chemin Lanet (rue Lanet). Plans de la caserne du bataillon Gernika au Bouscat (Sancho de Beurko)

 

Ce n'est pas le seul château du Bouscat, qui possède un riche patrimoine de villas et de chalets. C'est peut-être pour cela qu'elle a été choisie par la police nazie comme base d'opérations en Gironde. Un choix qui a permis à la police allemande de s'éloigner suffisamment de Bordeaux pour être à l'abri des regards indiscrets dans un environnement encore rural. Un article d'Hervé Pons dans Sud Ouest donne plus de raisons à ce choix, comme son emplacement stratégique, qui permet un accès rapide à un Médoc où la Résistance est très présente. Ajoutons la proximité de la base des U-boat, située à un peu plus de deux kilomètres, qui permet une extraction rapide et discrète de tout ennemi du Reich. Son chef, Friedrich Dhose, avait une réputation de cruauté et de machiavélisme et était à la tête de 290 hommes. Les chiffres de cette répression sont terrifiants : 2 000 arrestations, 3 000 déportations, 564 exécutions. Parmi les personnes déportées se trouvent 774 résistants, 1 581 Juifs, dont 223 enfants. Ils étaient assistés par le commissaire de police de Bordeaux, Pierre Poinsot. En août 1944, les Allemands ont quitté Bordeaux, bien qu'ils soient restés à l'embouchure de la Gironde pratiquement jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, de sorte que la crainte d'un éventuel retour est restée longtemps présente dans l'esprit des Bordelais.

Le château des Tours, siège de la Gestapo.

Le séjour au Bouscat n'a pas été sans tension pour les gudaris d'Ordoki. L'éloignement, voire la désertion, de la UNE – qui préparait l'Opération Reconquête de l'Espagne par la Vallée d'Aran –, entraînait une série de représailles qui pouvaient atteindre beaucoup d'entre eux à tout moment et c'est cela et rien d'autre (la nécessité d'être ensemble et de se défendre contre d'éventuelles représailles des communistes espagnols) qui les a d'abord maintenus unis aux anarchistes de Santos, également dissidents des directives du PCE. La langue, le militantisme antifranquiste et le partage d'un passé commun avec les Basques faciliteraient leur union au sein d'un bataillon mixte basco-espagnol qui participerait aux dernières batailles du Mur de l'Atlantique, mais pour cela trois longs mois devaient encore s'écouler. Deunoro Totorika a dit à Mikel Rodriguez qu'en décembre 1944, sa principale préoccupation était de ne pas quitter le Bouscat car il craignait pour sa vie.

Heliodoro de la Torre et Juan Manuel Epalza en visite au bataillon Gernika au Bouscat le 3/3/1945 (Fonds Bidasoa/Sancho de Beurko, Archives historiques basques).

Au Bouscat, le bataillon Gernika est organisé en force de combat. Ils y reçoivent la visite d'Heliodoro de la Torre et de Juan Manuel Epalza le 3 mars 1945. Un processus de trois mois au cours duquel ils ont été réunis en tant qu'unité avec un uniforme (provenant des entrepôts des Chantiers de la Jeunesse) et leur propre symbologie négociée au plus haut niveau avec les autorités françaises, qui comprenait une petite ikurriña sur l'avant-bras comme insigne de nationalité. Ils sont restés au Bouscat jusqu'à ce qu'ils soient emmenés à la caserne de Macao. C'est là, à la veille de leur marche vers le front du Médoc, qu'ils reçoivent l'ordre de relever le 2e bataillon du R.I. du Lot. C'était le 21 mars 1945.

De la caserne du Bouscat, nous disposons d'une poignée de photographies et de copies des plans que Jon Ander Prieto a donnés à l'Association Sancho de Beurko (les seuls qui ont été conservés à ce jour) et que nous joignons à ce petit article. Nous tenons à remercier Jon Ander, exécuteur de la mémoire de Gernika comme l'était son père, pour sa gentillesse et son affection pour notre projet.

Guillermo Tabernilla

Gudaris de la Gernika dans la caserne du Bouscat (Collection Bidasoa/Sancho de Beurko, Archives historiques du Pays Basque).
(1) Complément d'information. Concernant la « piscine » dont on parle dans cet article, il est pratiquement certain qu'il s'agit d'une confusion. Les Allemands avaient des réserves d'eau en cas d'incendie. Cette description est faite dans la page Usine Diamant.
En revanche, il est bien possible que ces réserves incendie aient été utilisées comme étant des piscines.

Maj 31/03/2021 & 10/04/2021

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