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Revue historique de Bordeaux. Synthèse pour le Bouscat

 

Ici, de nombreux extraits d'un livre revue historique de Bordeaux, de 1952. Je ne m'intéresse qu'à la partie intitulée : « Développement et les paysages la banlieue nord-ouest de Bordeaux : Caudéran et le Bouscat ».
Il est remarquable de constater que l'évolution ne cesse pas. Certaines phrases sont toujours d'actualité.
Source : archives personnelles Jean-Claude Bertreau



Au XVIIe siècle, il existe trois secteurs différents : les villages, noyaux de peuplement, aux constructions serrées, autour desquels la terre est divisée à l’extrême en longues lanières de vignes. Au-delà, un secteur rural couvert de vignes et de bois est morcelé par plaques. Entre la vigne et les hameaux, une zone financièrement sous l’emprise de Bordeaux, constituée par de grandes propriétés d’agrément. Joignant ces secteurs, les grandes routes seront les véhicules de l’influence bordelaise et vivifieront les zones qu’elles traversent, tandis que les surfaces marécageuses ou boisées ne se développeront pas.

Caudéran et le Bouscat faisait de secteurs de l’expansion bordelaise. La phase d’urbanisation se décompose en deux périodes : jusqu’en 1880 environ, les nouveaux venus peuvent encore s’entasser dans les maisons urbaines ; peu s’établissent au-delà du tout récent boulevard où les cultures sont prédominantes, mais où de vastes espaces libres permettent à la population de s’installer à sa guise ; après 1880, au contraire, une fièvre de construction ravage la campagne.

... la terre est divisée à l’extrême en longues lanières de vignes... - Source : archives de la Gironde (extrait de carte).

 

Le quartier La Harpe s’organise entre les routes et à proximité de Bordeaux.

Après la percée des boulevards (de 1859 à 1865), l’aspect définitif de la colonisation individuelle se profile.
Les constructions se localisent au Bouscat entre le chemin d’Eysines et l’avenue Victor-Hugo actuelle.

Vers 1920-1930 se situe le maximum d’intensité de développement suite aux conditions nouvelles de l’après-guerre. La fonction résidentielle de Caudéran et du Bouscat atteint son plein développement, et l’importance routes et des moyens de communications devient primordiale.

L’après-guerre a vu aussi fleurir un grand nombre de lotissements sociaux. Les lois Ribot et Loucheur favorisèrent la politique des lotissements de « maisons à bon marché ».

En 1932, la « Société Anonyme de Crédit Immobilier de la Gironde », consent des prêts aux acquéreurs de parcelles de lotissements et bâtit à leur intention une maison qui leur est ensuite louée pour une période de vingt-cinq ans. La valeur locative est fixée proportionnellement à la valeur de la maison et du prêt (taux de 4 %), et le locataire devient propriétaire à l’amortissement de sa dette. Ce système développe un type moyen d’habitations : de deux ou trois pièces ou d’un étage, à peu près identiques, parce que le loyer annuel doit être inférieur – pour chaque catégorie d’immeuble – à un maximum fixé dans chaque commune et parce que les locataires propriétaires appartiennent à la même classe sociale aisée. C’est que fut construite la rue Voltaire, au Bouscat.

Ces émigrants désirent à proximité de leur travail et bénéficier de moyens de transports rapides et commodes. C’est pour cela que sont morcelées d’abord les zones les plus voisines de Bordeaux et directement reliées à la ville.

La localisation et l’aspect des lotissements impriment un aspect particulier à la banlieue nord-ouest. Les lotissements les plus anciens se situent à proximité de Bordeaux. Ils ont tous la même structure : des rues parallèles aux boulevards, coupées à angles droits par rues y aboutissant.

Les lotissements autonomes sont peu nombreux : Lafon-Féline, Lamothe ; ils représentent 100 hectares en rapport étroit avec les voies de communications. Ils sont établis – Lafon-Féline, Monrabeau – sur de vastes propriétés. Lamothe sur des marais, et sont anciens ; ils datent de 1880-1885 et offrent un de petits pavillons familiaux ou de très modestes demeures. Les lotissements intercalaires, de superficie modeste, 50 à 100 ares se répartissent sans ordre. Récents, ils comblent les espaces libres, et presque toujours chevauchent une rue (lotissements Mermoz, d’Aussy, Pérès). Plus variés, ils groupent différents types. Construits d’abord près de la ville, les lotissements se sont ordonnés ensuite le long des voies de communication et enfin s’étendent désormais dans la campagne accusant l’extension en nébuleuse.

Les parcelles sont petites ; elles mesurent de 2 à 5 ares. Autour la maison, ou derrière, un jardin est réservé. La grande parcelle l’exception, même dans le lotissement riche ; elle garde des dimensions moyennes (150 à 200 mètres carrés au lotissement Jean Mermoz).

Leur forme n’est pas l’héritage de la structure viticole, mais le résultat des morcellements ; elle permet aux lotisseurs de découper de nombreux lots, ouverts sur la rue par leur petite dimension, suffisante cependant pour construire une échoppe, 6/8 mètres.

Lubeck Le type élémentaire de superficie restreinte, établi à partir d’une seule ou de plusieurs parcelles, sur un espace libre bordé d’une voie, est formé en fonction de la surface et de la route, qui ordonne la disposition et la forme des parcelles. Tels sont le lotissement Lubeck.

Evolution des constructions Le Bouscat et Caudéran :

AnnéesAvant 18501850 - 18801914 - 1942
AnnéesAvant 18501850 - 18801914 - 1942
Le Bouscat28810441860
Caudéran44112642820
Totaux :72923084680

Il convient aussi de souligner l’extension considérable des habitations. C’est une fièvre construction continue et accélérée qui urbanise la campagne et pose de nombreux problèmes d’aménagement. La ville fournit à la banlieue nord-ouest une population qu’elle attire à un rythme urbain Les premières constructions se sont établies près de Bordeaux, puis ont progressé le long des voies de communications, pour atteindre les limites ouest de Caudéran et du Bouscat, lorsque les moyens de transports rapides ont raccourci le temps de parcours entre la ville et la campagne.

Caudéran et Le Bouscat sont aujourd’hui une banlieue résidentielle. L’unité architecturale de la banlieue nord-ouest est réalisée par la maison ouvrière qui, depuis trois quarts de siècle, uniformise le paysage. Elle représente 69 % des constructions. L’échoppe prédomine. Coquette, bien entretenues elle contribue à donner à la banlieue nord-ouest une note soignée. Elle couvre de grandes surfaces, habitée par une seule famille, trait résidentiel et typiquement bordelais. Noyés parmi ce flot de petites maisons, les immeubles bourgeois du XIVe siècle ou les châteaux antérieurs subsistent. Ils ne représentent plus que 3 % de la superficie bâtie dont 2,5 % à Caudéran.

L’habitation est confortable et aisée  c’est par excellence la banlieue riche et aristocratique de Bordeaux, dont les origines remontent loin dans le passé. Cette banlieue abrite encore une partie de la vieille aristocratie bordelaise. Mais la population s’est renouvelée. À la structure sociale hiérarchisée de l’ancien régime s’est superposée et même substituée une masse ouvrière et bourgeoise de salariés non directement productifs. Ceux-ci ont occupé de préférence certains quartiers qui convenaient mieux à leur travail, à leur niveau de vie.

Les vieux quartiers villageois de Caudéran et du Bouscat sont aujourd’hui des résidences de travailleurs urbains, mais la modification des fonctions n’a pas altéré leur aspect rural.

Les habitations sont plus nombreuses, encore en ordre dispersé, basses. Certaines, très petites, sont de vieilles maisons qui figuraient déjà sur la Liève du Tènement général de 1771. Elles ont une façade étroite, 4 mètres parfois, ou mesurent « 7 pas 2 pieds », c’est-à-dire. un peu plus de 6 mètres, largeur d’une échoppe simple actuelle. Elles s’allongent, si elles abritent un chai, ou offrent la disposition classique de la maison rurale, composée de trois pièces alignées sur la route et couverte d’un toit de tuiles creuses dont le faîte est parallèle à la plus grande dimension. L’échoppe à étage est une exception.

Une partie de la population part chaque jour vers Bordeaux, mais les ménagères ne quittent pas le village pour s’approvisionner, continuent à pomper l’eau à la fontaine, et le soir, l’ouvrier-jardinier cultive son lopin de terre.

Ces maisons demeurent sans confort, inadaptées à leur nouvelle fonction, mal desservies par les moyens de communications, abritent une population ouvrière et pauvre.

Le quartier maraîcher du Bouscat, de création plus récente, offre un tout autre aspect. Les maisons dispersées parmi les planches de légumes, les châssis et flanquées d’un grand hangar sombre, dessinent un paysage typique. Toutes les maisons se ressemblent. Ce sont, le plus souvent, des échoppes doubles, allongées, de dimensions moyennes, 8 à 10 mètres de façade à pignon sur le côté, construites à proximité des chemins et orientées au sud-est. Elles ont été édifiées récemment et retiennent agréablement le regard par leur teinte claire, souvent blanche, leur jardin fleuri.

Les habitants sont tous des maraîchers, occupés à leurs cultures ; population laborieuse, mais riche et fière de son aisance. Quarante-cinq familles de jardiniers, propriétaires de la terre transmise de père en fils, se groupent en syndicats et se préoccupent de leurs intérêts et de la rentabilité de leurs cultures.

La dispersion des habitations soignées, la psychologie du groupe maraîcher individualisent le quartier. Il occupe l’espace situé au nord-ouest du village, de part et d’autre du chemin des Écus, du chemin Combes, de la Palu, de l’avenue de Tivoli et de la route du Médoc.

Ces familles, nombreuses pour la plupart, vivent d’une façon précaire, mais en accord parfait avec le milieu physique et possèdent un genre de vie qui leur est propre. Lamothe constitue pour Le Bouscat un quartier de détresse et de mal lotis.

Tous les immeubles sont en retrait, mais se libèrent de l’alignement rigoureux : chemin Alexis Capelle.

La barrière du Médoc est la plus commerçante et animée par les épiceries, boucheries, boulangeries, crémeries.

Les quartiers évoluent constamment. Les vieilles demeures se démocratisent ; plusieurs familles modestes les occupent. La structure sociale des quartiers évolue avec le temps et, parallèlement, le paysage de Caudéran et du Bouscat devient chaque jour un plus urbain.

L’influence de Bordeaux a transformé en cent cinquante ans le fief viticole de Saint-Seurin (Voir Chapitre de Saint-Seurin) en un paysage semi-ouvert, d’habitat dissocié caractéristique de la banlieue résidentielle ; elle a fait naître le secteur maraîcher du Bouscat, les zones de lotissements, les quartiers de passage et les barrières. Si les vieux villages de vignerons subsistent, noyés de l’uniformité des constructions modernes, ils abritent maintenant des travailleurs urbains.

Une ère nouvelle s’ouvre pour Caudéran et Le Bouscat; leur accroissement démesuré pose de nombreux problèmes administratifs, économiques et sociaux, désormais inséparables de ceux de Bordeaux.

Suzanne DUPHIL





A suivre...




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