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T.S.F.

 
Source : http://gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, réutilisation non commerciale libre et gratuite.

T.S.F. (Télégraphie Sans Fil) au Bouscat



 

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Les informations concernant sont limitées. Nous sommes à la recherche d'informations diverses : photos, fin de cette station T.S.F.

 

Note


Une erreur fréquente est faite avec la station radio Lafayette qui se trouvait Croix d'Hins, Marcheprime, proche de Bordeaux.
Vous trouverez des renseignements précis sur l’émetteur de Lafayette ici http://leradiofil.com/lafayette.htm


Le 22 juillet 1911, le journal « Le Temps » nous informe de la construction en cours au Bouscat, près de Bordeaux, d’une station de T.S.F. (Télégraphie Sans Fil). Cette station sera livrée prochainement au public. A cette date, il existe déjà d’autres stations à Boulogne-sur-Mer, Ouessant, Porquerolles (1904), les Saintes-Maries-de-la-Mer (près de Marseille), et Fort-de-l'Eau (près d'Alger).

Dans ce communiqué nous apprenons que depuis le 15 mai 1910, 8 768 radiotélégrammes comportant un total de 98 783 mots, sont passé par nos stations côtières, A savoir Boulogne-sur-Mer, 310 radiotélégrammes ; Ouessant, 3 084 ; Porquerolles, 62 ; les Saintes-Maries-de-la-Mer, 3 082 ; Fort-de-l'Eau, 2 230.

Les 15 et 16 août 1912, les journaux « L'Humanité » et « La Lanterne » nous donnent quelques informations, presque identiques.

On apprend que M. Chaumet, sous-secrétaire d’État des postes et télégraphes vient d’ouvrir au service public, la station côtière de télégraphie sans fil de Bordeaux (Bouscat), le 10 août.

La création de cette station, réclamée par le commerce bordelais, répondait à un besoin réel. Bordeaux est, en effet, la tête de ligne de nombreux et importants services maritimes desservant notamment l'Amérique du Sud et la côte occidentale d'Afrique et jusqu'ici les paquebots des dites lignes ne pouvaient communiquer avec cette ville que par l'intermédiaire de stations étrangères ou de postes français assez éloignés et en dehors de leur route normale.

Or, il y a le plus grand intérêt au point en vue des transactions commerciales et de la rapidité des informations de toute nature à ce que Les navires puissent, à leur départ et à leur arrivée, communiquer facilement et rapidement avec leur port d'attache.

C'est ce qu'a bien compris M. Ch. Chaumet qui poursuit méthodiquement la réalisation de son programme tendant, d'une part, à doter tous nos ports de stations de T.S.F. et, d'autre part, à échelonner sur notre littoral un nombre suffisant de postés pour que nos navires même ceux possédait une installation de puissance) moyenne qui se trouvent à une distance de nos côtes d'environ 800 kilomètres, puissent toujours communiquer avec elles.

Il va sans dire que cette portée n'est qu'un minimum et que, suivant les postes et les stations en rapport, on établit des communications à des distances beaucoup plus considérables. Le Bouscat est le sixième poste de l'administration ouvert à la correspondance publique générale ; deux autres sont en voie de réalisation, l'un au Havre, l'autre en Corse.



A peine inaugurée que la station rend service à la justice. Selon le journal « L’Écho d'Alger » du 27 août 1912, nous apprenons qu'un escroc international vient d'être arrêté à Bordeaux, grâce à la télégraphie sans fil.

Samedi, le parquet de Bordeaux recevait du parquet de Lausanne un mandat d'arrêt concernant le nommé Rupt.
A la suite des recherches effectuées. la police a acquis la certitude que cet individu s'était embarqué sur le paquebot « Amazone », qui avait quitté depuis quelques heures Bordeaux.
On a demandé alors au poste de télégraphie Sans Fil, établi récemment au Bouscat, de passer un message au paquebot, lequel a répondu que l'individu en question était bien à bord et que l'on n'avait qu'à envoyer des (illisible), où l'« Amazone » ferait un court arrêt pour le conduire à terre.
C'est ce qui fut fait. L'escroc Rupt a pu être ramené à Bordeaux et écroué.



Extrait du journal "La Croix" du 20 août 1912.


Sur cette vue aérienne de 1924, on distingue la station TSF du Bouscat, entre l'impasse de la tribune et l'impasse de la ferme. Source : IGN
En rouge, le bâtiment principal et de chaque côté les antennes. Seules les ombres des antennes (en rouge) se distinguent (difficilement).
Mais sur cette vue prise le 4 août 1950, on distingue bien les pylones des antennes et le bâtiment principal.



Au cours de la première guerre mondiale, les Américains viennent nous prêter main forte.

Les opérateurs arrivent des États-Unis en novembre 1917 et sont affectés à la station du Bouscat le 23 décembre 1917 et resteront jusqu'en mai 1918. (source : « An Account of the Operations of the American Navy In France during the War With Germany ». 1925).  



Goliat F60.

Un avion Farman Goliath type F60 effectue une première liaison de Toussus-le-Noble (région parisienne) à Dakar, avec un équipage limité à huit personnes :
Deux pilotes : Bossoutrot et Coupet, dont la notoriété dispense d'énumérer les titres ;
Trois mécaniciens : Jousse, Mulot et Coupet, choisis parmi les meilleurs de la maison Farman ;
Trois représentants des services de l'Aéronautique : le capitaine Bizard, chargé de la navigation ; le Lieutenant Boussod, chargé de l'observation; le lieutenant Guillemot, préposé à la T.S.F. (source : L'Aéronautique - septembre 1919).

Goliat F60.


Parti le 10 août 1919 vers minuit, il passe Rochefort, Ruffec à 500 mètres d’altitude dans une mer de nuages. A 3h30, la station du Bouscat reçoit le message : « Passons Bordeaux, toujours mer de nuages; tout va bien. »
le même jour, un télégramme de Casablanca annonçait : « Goliath arrivé sans incident. 18h 30 m. » (source : Tables de " L'Aéronautique ANNÉE 1919 " - Library of the Massachusetts Institute of Technology).

Paquebot « Afrique »

Bien que non citée, la station du Bouscat n'a pu qu'être témoin de la catastrophe du paquebot français Afrique. Ce paquebot à quitté Bordeaux pour Dakar le 11 janvier 1920. Il a sombré, à la suite d'une voie d'eau, le 12 janvier 1920 au large des côtes charentaises. Malgré de nombreux radiotélégrammes de demande d'aide, et l'assistance d'autres navires, Il n'y aura que 43 survivants sur 568.
Plusieurs articles du journal « Le Temps » de janvier 1920, témoignent de ce drame en mer :
... le paquebot Afrique, par suite d'avaries survenues au cours de la tempête qui sévit encore, a dû virer de bond pour venir à la Palice, le 11, procéder à des réparations. au cours da la journée de dimanche, ce paquebot faisait route avec une machine, l'autre étant immobilisée par des avaries escorté par le paquebot Ceylan accouru aux appels de détresses et qui, par suite du mauvais temps, ne put lui passer la remorque. ...

En janvier 1923, la station radiotélégraphique du Bouscat intercepte un avis de détresse du vapeur britannique Bellbro, se trouvant en difficulté après avoir perdu son hélice à cinq milles au nord du cap Ortegaz.
Un navire de la Compagnie à laquelle appartient le vapeur britannique se porte à son secours.

Au cours d’une tempête, le journal « Le Gaulois », du 04 mars 1923, nous informe que le poste de télégraphie sans fil du Bouscat a reçu le signal S.O.S. du steamer Lady Kirk en perdition à huit milles au large de Penhoët.

Le journal « La Lanterne » du 07 décembre 1925 nous dit : « Le poste de T.S.F. du Bouscat a reçu un message indiquant que le vapeur italien Palateno est signalé en détresse depuis hier soir, 6 décembre, à 22 heures, par 14°16'40" de latitude nord et 14°30'6" de longitude est. »

Le journal « Le Temps » du 25 janvier 1926, nous informe que la station radiotélégraphique de Bordeaux-Bouscat signale qu'elle a perçu ce matin à 7h 15, le message suivant: « Vapeur britannique Antinoe en détresse par 46° 10' latitude nord et 39° 58’ longitude ouest. »

Journal « Le Temps » du 18 octobre 1927 : Le poste de T. S. F. Bordeaux-Bouscat à intercepté ce matin, à 3 heures, un message de détresse du steamer américain Nile échoué à dix milles à l’ouest du cap Bogaroni (région de Sardaigne), sur les rochers. Ce navire, faisant eau, demande assistance. Le steamer grec Vassilos s'est porté à son secours.

Le 24 décembre 1927, selon « L'Humanité », nouveau signal de détresse provenant du navire portugais Silva Conveia. Ce paquebot s'est échoué sur la côte espagnole au sud de Finistère par 42°55 de latitude Nord et 9°5 de longitude Ouest. Un bateau de sauvetage est parti pour lui porter assistance.

Le journal « Victoria Daily Times » du 14 juin 1929 relate ce qui aurait pu finir tragiquement.
Un avion monoplan transatlantique français, le Yellow Bird, reliait Old Orchard, Maine (États-Unis), pour Paris, et transportait trois Français.
Au cours du vol, le Yellow Bird (Oiseau jaune) signalait périodiquement à la station du Bouscat que tout allait bien à bord de l’avion. Le dernier message est arrivé alors que le crépuscule tombait, mais la nuit n’était pas encore complètement tombée à 21h30 (12h30, heure de Victoria). A 23 heures, la station du Bouscat a appelé l’avion, mais n’a reçu aucune réponse.
Plusieurs navires (vapeurs français Niagara, Rochambeau, vapeur britannique Laconia) communiquent leurs informations.
L’équipage de l’avion ne comprend pas la consommation anormale de carburant. Un jeune homme de 22 ans s’était invité, passager clandestin, au milieu des bagages.
L’avion s’était dérouté et posé de nuit, avec son carburant pratiquement épuisé, sur une plage en Espagne.
Après avoir fait le plein, l’avion regagne Paris.

Bréguet « Point d'interrogation »


Le journal « Le Temps » du 14 juillet 1929 parle de 2 aviateurs célèbres : Costes et Bellonte. Reliant Santander au Bourget, ils passent la station du Bouscat à 9h30. Le trajet de 770 km est effectué en 4h05.

Le journal « La Croix » donne quelques précisions.
La station de T. S. F. du Bouscat communique : « Le chalutier Mouette, d'Arcachon, a aperçu à 7 h. 25 (heure de Greenwich), l'avion rouge de Costes (le Bréguet « Point d'interrogation »). Il vient de nous survoler à faible hauteur » nous sommes en pêche au nord-ouest du cap Ferret, 65 brasses. »


Déjà des problèmes : un courrier du Maire, M. Marquet, député-maire de Bordeaux, adressé aux ministres de la Marine et ministre du Commerce évoque des ennuis :
Des installations privées de postes radiophoniques émetteurs sont en cours d'établissement à Bordeaux et des demandes ont été adressées aux services de la Régie municipale de l'électricité pour la fourniture du courant nécessaire à leur fonctionnement. Or, il m'est parvenu que la station côtière du Bouscat, qui assure la liaison et la sécurité des navires en mer est parfois gênée dans son service par les émissions des stations radiophoniques existantes.
Source « Le Populaire de Paris" » du 17 février 1928.

Dans le golfe de Gascogne l'océan est démonté, les passes de la Gironde, ont été rendues difficiles. Le vapeur Adrar a dû faire escale au Verdon et dans la nuit, le bureau du port à reçu une communication de l'administration de la marine, à Bayonne, au sujet d'un appel S.O.S., émanant d'un navire en détresse au large de La Corogne, qui serait de Landros. Le service du pilotage girondin est parti pour lui porter secours, et un sans-fil a été lancé par la station du Bouscat, au vapeur Guyane, parti de Bordeaux, à destination d'Oran, lui indiquant la situation du navire pour lui prêter assistance.
Source « Le Populaire de Paris" » du 26 mars 1928.

Le journal « Le Temps » du 2 février 1932 écrit que la station de T.S.F. de Bordeaux-Bouscat (Port Radio) a reçu, par l'intermédiaire des chalutiers Souffleur et Roche-Ivoire, une communication de détresse de l'avion Saint-Didier, effectuant une liaison France-Madagascar. L'avion se trouve vers Hadid, et va être obligé d'atterrir dans le désert par suite de manque d'essence.

Paquebot « Marrakech »


Dans le journal « La Croix » du 17 décembre 1936, on apprend, via le poste radiotélégraphique du Bouscat, qu'une collision a eu lieu dans le brouillard entre le paquebot Marrakech (courrier du Maroc, avec 200 passagers environ) au mouillage, suite à la brume, et un vapeur.
Les dégâts sont assez importants. Le paquebot Marrakech revient vers Bordeaux.



le journal « L'Ouest-Éclair » de juin 1921 présente un article très détaillé sur le pourquoi des stations T.S.F. En voici le texte intégral :

Comment M. Louis Deschamps a fait progresser LA T.S.F. EN FRANCE.

La question de la télégraphie sans fil compte parmi les plus importants, autant au point de vue politique qu’économique, pour la France. Les réformes réalisées dans cet ordre d'idées par l'ancien sous-secrétaire d’État aux Postes, M. Louis Deschamps, ont été l'objet des commentaires les plus passionnés et dans des sens divergents, sans la presse et l'opinion.

M. G. Martel a consacré, dans la Revue Mondiale, une étude impartiale et documentée la question. Se plaçant au-dessus des campagnes, il s'est efforcé de présenter sous un jour véritable, l'entreprise de T.S.F., dont le caractère général n'a pas été suffisamment compris. Nous croyons intéresser les lecteurs de l'Ouest-Eclair en publiant de larges extraits de l'étude de M. G. Martel.

En décembre 1919, lorsque M. Louis Deschamps prit la direction de l'administration des P.T.T., la situation de la télégraphie sans fil française était des plus modestes. Les grands postes situés en France, Tour Eiffel, La Doua (près de Lyon). Basse-Lande (près de Nantes), appartenaient aux ministères de la Défense Nationale, les deux premiers à la Guerre, le troisième à la Marine. Ils étaient utilisés uniquement pour les besoins du service officiel. La station de Croix-d'Hins était en cours de construction, Seules étaient ouvertes au trafic commercial quelques stations côtières exploitées par l'Administration ou relevant du ministère de la Marine.

Le nouveau sous-secrétaire se rendit compte que notre pays avait un intérêt tout particulier à développer aussi largement que possible les communications par T.S.F.
Nous ne pouvions correspondre, en effet, avec les pays étrangers, sauf les limitrophes de la France et les États-Unis, que par des lignes de transit terrestre ou par les câbles ; encore nos messages avec les États-Unis étaient-ils exposés, ainsi qu'on le verra plus loin, à être fréquemment acheminés par les voies étrangères.

Nos colonies de l'Océan Indien, d’Indochine et du Pacifique, ne communiquent avec la métropole que par les câbles anglais. Nos relations commerciales avec l'Asie Mineure et les autres réglions de la Méditerranée orientale, dépendent également des lignes étrangères.

Or, de la situation politique et économique d'après-guerre étaient nés des besoins nouveaux et impérieux d'informations rapides. M. Deschamps savait qu'un trafic considérable pouvait être drainé par la T.S.F. Et d’ailleurs les sérieux avantages qu'elle présente : débit supérieur aux câbles, prix de revient moins élevé, faisaient que l'on assistait partout, à l'étranger et même chez des puissances secondaires, a un vaste mouvement en faveur de la T.S.F. L'Allemagne, notamment, allait de l'avant à grands pas.

M. Deschamps vit le moyen de délivrer la France de la tutelle étrangère, par l'organisation méthodique de la radiotélégraphie. Il se documenta sur les moyens d'action qu'il pouvait tirer des résultats acquis par les services radiotélégraphiques de la Guerre et de la Marine et par l'industrie privée.

Quand il eut la conviction une la technique française était, non pas égale, mais nettement supérieure à la technique étrangère, Il n'hésita. Plus et se mit en œuvre de couper court aux tergiversations stériles et d'aller droit aux réalisations. Il examina tout d'abord la situation des stations côtières. L'emplacement de certaines d'entre elles avaient été choisi et l'équipement de la plupart déterminé à une époque où la technique était loin d'avoir acquis le degré de perfectionnement atteint depuis. La condition principale à remplir était de mettre à même les bâtiments gagnant les ports français d'entrer en relations avec le continent 24 heures avant leur arrivée. Il fut donc décidé de doter d'un matériel d'une portée de 1000 kilomètres les stations situées à proximité des principales routes maritimes Ouessant (station à reporter sur le continent), Le Bouscat (près de Bordeaux), Marseille et Fort-de-1'Eau (près d'Alger). Trois stations secondaires seraient maintenues pour des services spéciaux à Boulogne, Le Havre et Bonifacio. Les deux autres stations existantes seraient supprimées et le projet de création d'une petite station sur les bords de la Manche fut abandonné. Les quatre stations de la Marine, situées à Cher-bourg, Lorient, Bayonne et Oran continueraient à collaborer avec les stations des P.T.T.

Ce programme est en cours de réalisation. Mais la question qui retenait particulièrement l'attention de M. Deschamps était celle des communications à.grande distance, destinées à assurer les relations internationales, les relations de la Métropole avec ses colonies et les relations des colonies entre elles. Il fallait organiser pour l'avenir, et ne pas craindre de prendre des responsabilités car l'édification des stations puissantes demande du temps.

M. Deschamps se mit en rapport avec les administrations de la Guerre et de la Marine et obtint la participation des postes de la Tour Eiffel, de La Doua et de Basse-Lande au service télégraphique privé, ces stations assurant la transmission et les services des P.T.T. restant chargés de la réception. À la fin de l'année 1920, la station Lafayette, exploitée entièrement par les P.T.T., fut ouverte a l'exploitation. Successivement purent être créées des liaisons avec les colonies ou les pays étrangers suivants Hongrie, Yougoslavie, États-Unis d'Amérique, Afrique occidentale française, Afrique équatoriale française, Roumanie, Bulgarie, Madagascar.

M. Deschamps avait fait étudier quelque temps avant de quitter les P.T.T., la création de deux nouveaux services prives, l'un avec la Chine et le Japon, l'autre avec Saïgon. Pour qu'un service commercial radiotélégraphique donne satisfaction, il est nécessaire que l'écoulement du trafic soit rapide. Il faut donc que les stations soient suffisamment nombreuses et qu'en outre leur équipement corresponde aux meilleures conditions de la technique la plus moderne. M. Des-champ, connaissant l'étendue des besoins à satisfaire, prévoyant l’augmentation considérable du trafic qui ne saurait manquer de naître de l'ouverture de liaisons fonctionnant avec sûreté et célérité, estima que les stations de La Loua et Lafayette seraient absolument insuffisantes à donner à la France cette indépendance des communications télégraphiques à grande distance qui lui paraissait indispensable. Au fur et il mesure qu'il étudiait le problème de la T.S.F. française, il se rendait de plus en plus compte que cette indépendance ne devait pas suffire à nos ambitions et que notre pays, échappant à la tutelle étrangère, pouvait du même coup acquérir une position de tout premier ordre et amener à lui le transit d'une grande partie de l'Europe.

Après s'être entouré des lumières des services techniques et financiers et s'être assuré auprès des meilleurs conseils juridiques qu'il n'outrepassait pas ses droits, il saisit le gouvernement de ses projets et d'accord avec ses collègues il passa une convention avec la Compagnie Générale de T.S.F. qui possède les brevets des alternateurs français à haute fréquence, machines dont la réputation est mondiale et incontestablement les meilleures productrices de courant a haute fréquence existant à l'heure actuelle.

C'est ainsi qu'est né le projet du centre radiotélégraphique de Sainte-Assise.

Le centre de Sainte-Assise comprendra deux stations destinées, l'une aux communications européennes, l'autre aux communications extra-européennes.

Le contrat passé par M. Deschamps avec la Compagnie Générale de T.S.F. est très avantageux pour l’État. Sa durée est de 30 ans, mais les installations pourront être rachetées par, l’État à partir de la seizième année. Les stations devront être mises en exploitation, la plus petite dans un délai de six mois, la seconde dans un délai de deux ans. Aucun monopole n'est accordé des conventions analogues seront susceptibles d'être passées avec d'autres sociétés. L'administration des P.T.T. assurera le contrôle de l'entreprise au point de vue administratif, financier et technique les frais de contrôle seront à la charge de la Compagnie. À la fin de la trentième année, les installations seront remises gratuitement à l’État, franches et quittes de tous droits, sans que l’État ait à engager une dépense quelconque; en outre, l’État participera aux bénéfices (mais pas aux pertes, le cas échéant) pendant toute la durée de la convention. Les taxes ont été fixées au montant de la taxe télégraphique normale dans le régime européen, sauf quelques exceptions, à 80 % de la taxe télégraphique normale dans le régime extra-européen. Les télégrammes officiels seront transmis gratuitement jusque concurrence de 60.000 mots par an ; au-delà de ce chiffre ils bénéficieront d'une réduction de taxe de 50 %. Enfin, l'administration des P.T.T. et le public par conséquent, profiteront des accords de trafic que possède et que pourra acquérir la Compagnie.

Pour continuer le réseau radiotélégraphique colonial français, il reste à construire des stations a Dakar, Djibouti, Pondichéry, Nouméa. Tahiti et la Martinique.

M. Louis Deschamps a passé 13 mois à la tête des P.T.T. L'exposé que noua venons de faire montre que cette courte période lut a suffi pour tirer la T.S.F. française du néant, tracer un programme et entrer dans les réalisations. Dès maintenant, l'utilisation de la radiotélégraphie ne se réduit plus en France à l'échange de quelques télégrammes officiels et au service des signaux horaires et des bulletins météorologiques elle est entrée dans le stade de l'exploitation commerciale.

G. MARTEL.



Les Annales des postes, télégraphes et téléphones de 1921 donnent des informations complémentaires (suite à la fin de guerre) :
Le 12 décembre 1918 les stations radiotélégraphiques suivantes, construites par les P. T. T., faisaient retour à ce Ministère et étaient rouvertes au trafic privé : Boulogne-sur-Mer, Le Havre, Ouessant, Le Bouscat, Saintes-Maries-de-la-Mer, Cros-de-Cagnes, Bonifacio et Fort-de-l'Eau.

Le Bouscat (Bordeaux T. S. F.).
Elevée à côté de l'hippodrome de Bordeaux, au Bouscat, la station a été ouverte à la correspondance générale en mai 1912. Elle fut équipée provisoirement avec du matériel d'entretien des stations côtières. A cette époque, la Compagnie Générale Radiotélégraphique combina les procédés du baron de Lepel avec ses procédés propres. Le principal avantage du système était d'avoir des sons musicaux à la réception et de pouvoir changer à volonté la tonalité de ce son. Des essais comparatifs entre les postes C. G. R. et S. F. R., les deux firmes françaises existant à cette époque, furent décidés. La supériorité fut en faveur de la C. G. R. tant comme rendement que comme emplacement et simplicité de manœuvre des appareils. La station possède les postes suivants :1 kw S. F. R., 2 kw à bobine, 2 kw,5 C. G. R. et 5 kw type T. M. (en construction). L'énergie est fournie par la Société Énergie électrique du Sud-Ouest ; la station possède un groupe Panhard de secours de 10 kw.



Si vous cherchez un site spécialisé dans la T.S.F., consultez Raconte moi la radio. Vous trouverez aussi une photo de la station radio du Bouscat sur cette page Station du Bouscat.


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