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Artisanat et industrie au Bouscat



 

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L'usine DIAMANT

  Source : archives de M. Pierre Combet et M. Henri Combet.

Les origines de la date de création de la société et du nom de Diamant sont inconnues. Cette usine fabriquait des machines à laver industrielles.

A l'origine, l'entreprise était située rue du XIV juillet à Talence, puis au Bouscat, entre les rues Henri Grossard et Ausone.
Après la mise en société, rue Ausone, le siège commercial a été situé rue de la Course, à Bordeaux.

Photo IGN de 1950. En rouge les tracés de voies de 2012.


Après l'achat de la totalité à son nom propre mon père, Pierre COMBET, s'installe 8 rue Henri Grossard en location d'un ancien bâtiment allemand construit pendant la guerre et situé sur la propriété de madame LAPORTERIE, habitant la chartreuse.
Monsieur Grossard, maire du Bouscat à l'époque, avait également été le propriétaire de cette chartreuse.
Ce bâtiment sera détruit plus tard, pour faire place à la résidence Émeraude. On reste dans les pierres précieuses ☺.



Sur cette vue, en bleu clair, l’usine Diamant (presque au centre de l’image) et à sa droite, une grande maison bourgeoise, la chartreuse de madame LAPORTERIE. L’entrée de cette maison est toujours visible, rue Henri Grossard (2 colonnes en pierre).
En violet l’actuelle résidence Émeraude.
À noter près de l’entrée actuelle et en chevauchement partiel avec le coin des poubelles, se situait « la piscine ». C’était une réserve d’eau en cas d’incendie, créée par les Allemands.



Vue IGN de 1950. L’accès à l’entreprise se faisait par un chemin. Il n’existe plus, mais un mur longe le tracé ancien.
Curieusement, rue Henri Grossard, il existe toujours (en 2016) le « bateau » d’entrée du chemin disparu, et de toutes façons, bloqué par une murette.



L’atelier du n°8 de la rue Grossard, au Bouscat, dans un ancien local allemand (DCA). L’atelier a disparu lors de la construction de l’ensemble résidentiel actuel : Émeraude.
Sur cette photo, on voit l'intérieur de l’usine Diamant, avec la fabrication de machines à laver industrielles.

 Sur la poutre principale, quelques décorations, laissées par les Allemands. Ce bâtiment a été loué de 1953 à 1956.

Entête original de la société Diamant


Photo prise sur la propriété de Madame LAPORTERIE, devant la maison du coin de la rue Grossard. Au centre, main croisées, Henri Combet, fils de Pierre Combet.



Ensuite après mise en société avec l'ancien propriétaire et son gendre, ainsi que d'autres membres de leur famille, l'entreprise déménage rue Ausone, autre propriété contigüe de la dame LAPORTERIE avec également un bâtiment allemand beaucoup plus grand et aussitôt agrandi.

La vie et la mort de cette société est complexe. Visiblement de très bons ouvriers, mais aussi des gestionnaires et des « actionnaires » aux dents longues qui ont épuisé les ressources.

En bleu clair, l’extension de Diamant après rachat des bâtiments de la Sobex, suite à faillite.

Le siège social est fixé, 52 rue de la Course à Bordeaux ce qui permet aux actionnaires de tenir les rênes commerciales et quasi directionnelles. M. Pierre COMBET étant absorbé par l'usine et la technique à développer, partie qui correspondait à ses compétences (Officier-Mécanicien de la Marine Marchande).



En violet, les nouveaux bâtiments. En particulier le collège Ausone.

Il existait un blockhaus enterré, approximativement dans l’entrée actuelle du collège. A priori ce blockhaus servait au stockage des munitions.
Par la suite, l’entreprise Diamant y stockait les pots de peinture. Difficile de savoir s’il a été détruit ou si les nouveaux bâtiments ont été construits dessus.

Photo des trois bâtiments accolés de la société Diamant, rue Ausone.
Un bunker enterré devait (doit ?) se situer entre les deux portes principales, la porte de l'extrême droite est celle de l'ancien bâtiment allemand, à l'extrême gauche le poste à peinture avec sa cheminée de ventilation.



 

Notes diverses

 Ce ne sont ici que des portions de très longs textes de Pierre COMBET, revus par son fils Henri, décrivant les aléas de cette société.
Impossible de transcrire tous les propos où des noms ayant entraînés la chute de Diamant sont cités.

A la. mi-août 1953 la SARL DIAMANT était fondée.
En 1960, Diamant avait étendu sa prospection jusqu’en Algérie.

La fuite en avant était constante pour éviter que les factures des fournisseurs et la paye des ouvriers ne rattrapent les paiements des clients.
Nous frôlâmes la faillite au moment où Nasser fermant le Canal de Suez priva nos clients de mazout et ils en profitèrent pour ne plus payer leurs traites.

Sur le plan technique l’inoxydable faisait son entrée dans l’industrie courante. Je fis venir un moniteur d’Auximéca pour dresser nos meilleurs ouvriers et nous abandonnâmes la tôle galvanisée, source de bien des chagrins et d’ennuis. Je réussis à faire acquérir du matériel plus puissant nécessité par cette nouvelle métallurgie et notre production fit meilleure figure.
Nous commençâmes à soumissionner pour les hôpitaux. Avec les délais de paiement de l’État (parfois un an et demi), ce sont des affaires blanches ou presque, mais les références donnent des retombées.

Nous étions à l’étroit dans nos 400 m² de la rue Grossard nous émigrâmes dans un autre local ex-allemand de la rue Ausone et qui appartenait au mème propriétaire (pas fâché de nous voir partir de son voisinage), acheté à un prix raisonnable avec le terrain autour.
Nous ne pouvions pas tout fabriquer et notre gamme de matériel était incomplète. Ce qui nous manquait pour concourir était parfois acheté à la concurrence ou aux allemands, démarqué et rebaptisé Diamant. Si mes souvenirs sont exacts les porte-avions Clémenceau et Foch ont été ainsi équipés de séchoirs à linge allemands, malgré les contrôles tatillons de la Royale.

Nous atteignîmes un jour le nombre d’ouvriers au-delà duquel nous devions mettre en place un comité d’entreprise. Les ennuis commencèrent.
La SOBEX était également un bâtiment allemand faisant partie du même lot ayant été divisé, après guerre, et racheté par Diamant par la suite.

Au Bouscat, une entreprise voisine de la nôtre, la SOBEX, avait fait faillite et les locaux et le terrain était à vendre au tribunal.
Nous transformâmes le local, y installant bureaux st services, et au sous-sol vestiaires, lavabos et douches pour le personnel. Quatre lignes téléphoniques, téléphone automatique intérieur, section de dessin, service après-vente et un service commercial étoffé, etc
En 1961, la Société ne travaillait plus en fait que pour le plus grand profit des banques. Le Salon de la Blanchisserie de 1961 fut le dernier que nous fîmes. Il y avait coté trésorerie des craquements annonciateurs.
Nous montâmes une buanderie verticale grandeur nature, une de nos spécialités prouvant que notre technique s’était hissée au niveau de celles des autres et les dépassant sur certains points. Nous avions de bonnes références : hôpitaux de Montpellier, de Moulin-Yzeure, de Tourcoing, sans compter ceux des petites villes comme Bourg sur Gironde, Langon, Le Bouscat et d’autres. Une nombreuse clientèle religieuse et des blanchisseries industrielles de toutes importances. Le dernier en date était le CHR de Nantes avec huit grosses barbottes en installation verticale, calandreuses, séchoirs, transporteurs de linge, tapis roulants, etc.

Le Salon de 1961 nous revint fort cher. Outre les locations de stands, il y eut des banquets pour la clientèle, sorties en boites de nuit pour certains et mème montée d’une partie du personnel secrétaires et dactylos à Paris tous frais payés.
Ce fut en janvier 1962 que le CNEP refusa d’assurer la paye du personnel et des ouvriers vu le découvert accumulé sur ses livres.
Les nouvelles courent vite dans le monde des affaires. Aussitôt les fournisseurs coupèrent les livraisons ou les firent traîner, nous empêchant de livrer, donc d’escompter.
En février le bilan fut déposé et le tribunal nomma un Administrateur Judiciaire. Tout échoua et le 2 mars 1962 la société fut déclarée en faillite.
Début 1963 nous commençâmes à recoller les morceaux de Diamant.
Ne voulant pas traîner le nom de Diamant comme une casserole, les nouveaux propriétaires de Diamant la débaptisèrent et elle devint la SO. MA. BU. (Société de Matériel de Buanderie).



Après la faillite le nom de la société après rachat devint SOMABU, Société Bordelaise de Buanderie et vint s'installer rue Gay à Talence, à quelques mètres de son ancienne situation rue du XIV juillet. Par la suite l'entreprise après les années 71 fût rachetée et déplacée sur la route Saint-Médard où j'ai perdu sa trace.
Rue Ausone, au Bouscat, l’usine Diamant a été rasée et sur le vaste terrain a été construit un Collège d’Enseignement Général.
En regardant depuis la rue, on voit encore sur le mur de droite en préfabriqué quelques traces du garage à vélos que j’avais fait édifier à cet emplacement. (De petits corbeaux en fer plat qui soutenaient la toiture).



 

Pour des informations plus complètes sur l'histoire et la fabrication de machines à laver, nous vous conseillons de visiter le musée de Craponne (près de Lyon), sans doute le seul musée de ce type en France.

Voir les liens concernant ce musée :
http://www.mairie-craponne.fr/association-musee-de-la-blanchisserie.html
http://www.grehc.fr/
http://www.grehc.fr/-Le-Musee-de-la-Blanchisserie,10-.html

Ce musée concerne principalement les fabrications industrielles de Monsieur Gladel, Craponne étant le centre principal de blanchisserie au XIX° siècle de Lyon. Ce Monsieur Gladel a fabriqué la première machine à laver... puis a fabriqué à partir de modèles US.

 

Article publié grace aux archives de M. Henri Combet
Merci pour toutes ces informations
Automne 2016

 

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